Sean Kilpatrick Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — La chef du Bloc québécois Martine Ouellet a annoncé samedi qu’il était hors de question d’exclure du parti les sept députés qui ont démissionné, la semaine dernière, du caucus du parti.

À l’issue d’une longue réunion extraordinaire du Bureau national du parti, Mme Ouellet a indiqué que pour elle, il n’avait jamais été question d’exclure le groupe de députés dissidents.

Prenant exemple sur son propre cas — Mme Ouellet est députée indépendante à l’Assemblée nationale tout étant membre du Parti québécois —, la chef a souligné que ces élus «peuvent demeurer membres du Bloc québécois s’ils le souhaitent».

Elle a ajouté que s’ils souhaitaient réintégrer le caucus, ils étaient les bienvenus. Mme Ouellet n’a toutefois dit s’il elle avait formulé de conditions pour un éventuel retour de ces élus qui ont décidé de former le «Groupe parlementaire québécois».

Par ailleurs, le Bureau national a renouvelé sa confiance envers Mme Ouellet et a relancé l’invitation aux dissidents de réintégrer le caucus.

Mario Beaulieu a expliqué que les députés démissionnaires n’avaient plus «accès à la bannière du Bloc québécois» ni «aux instances en tant que députés du Bloc québécois», mais qu’ils avaient le droit de demeurer membres en exprimant leur dissidence.

C’était la première apparition publique de Mme Ouellet depuis qu’une vingtaine d’ex-députés bloquistes lui ont montré le chemin de la sortie dans une lettre ouverte publiée dans les pages du «Devoir», vendredi. Les conseils exécutifs de deux circonscriptions ont aussi réclamé son départ pour faire passer «avant toute chose le bien supérieur du mouvement indépendantiste».

En ce qui concerne les multiples demandes de démission de la chef, formulées notamment par d’anciens députés et l’ancien chef Gilles Duceppe, Martine Ouellet s’est contentée de répondre que «c’est leur opinion». Elle assure n’avoir jamais envisagé cette option.

Elle soutient avoir été victime «d’une grosse dose d’attaques personnelles», la semaine dernière, et elle estime qu’«avant d’attaquer, les gens devraient regarder eux-mêmes comment ils travaillent».

Martine Ouellet reconnaît qu’elle «peut toujours s’améliorer» en ce qui concerne sa personnalité et son style de gestion. Toutefois, la chef considère que le processus qu’elle a mis en place est «beaucoup plus souple» que de son prédécesseur (Rhéal Fortin) et même «beaucoup, beaucoup plus souple» que du temps de l’ancien chef Gilles Duceppe.

Au sujet du discours mettant constamment de l’avant la promotion de l’indépendance du Québec, Martine Ouellet insiste que c’est le mandat qui lui a été confié par les membres du parti.

L’impasse perdure

À la suite de la conférence de presse du bureau national et de la chef Martine Ouellet, les sept députés dissidents ont constaté que «l’impasse perdure».

«Rien n’a changé depuis mercredi dernier», ont-ils réagi par voie de communiqué avant de remercier les membres du Bloc québécois qui les ont soutenus au cours des derniers jours.

Dans une première version transmise à La Presse canadienne, ils avaient aussi ajouté qu’ils comptaient se rencontrer dans les prochains jours afin de voir comment ils pourront continuer à servir les Québécoises et les Québécois au meilleur de leurs capacités. Cette phrase ne figure pas sur le communiqué final.

Plus tôt samedi, le groupe des sept avait déclaré que si le Bureau national les excluait, il aurait «contribué à la mort du Bloc québécois».

Dans une lettre ouverte publiée dans «Le Journal de Montréal», ils ont accusé Martine Ouellet d’avoir «exigé leur soumission» depuis son arrivée à la tête du parti.

Ils répètent que le leadership, les orientations et la vision de la chef, centrés uniquement sur l’indépendance, ne servent pas les intérêts du Québec.

Ils rappellent que les décisions sur l’avenir du Québec se prendront à Québec et non à Ottawa, et qu’entre-temps, le Bloc québécois «a la responsabilité de protéger le Québec des effets néfastes du carcan fédéral».

«Une chef qui utilise son premier conseil général pour s’en prendre à ses propres députés, est-ce que ça sert le Québec ? Une chef qui siège à Québec quand son parti est à Ottawa, est-ce que ça sert le Québec ?», ont-ils écrit.

Les sept députés dissidents sont Michel Boudrias, Rhéal Fortin, Simon Marcil, Monique Pauzé, Louis Plamondon, Gabriel Ste-Marie et Luc Thériault.

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