Radio-Canada Les chefs des quatre partis politiques se sont affrontés dimanche soir lors d'un premier débat télévisé, marqué par les thèmes de la corruption, des médecins de famille et de l'identité.

François Legault s’est demandé en début de semaine s’il était nécessaire que les échanges dans les débats soient aussi rudes. N’en déplaise au chef de la Coalition avenir Québec, il est parfois essentiel que les chefs se montrent combatifs dans ce genre d’exercice. «Quand les chefs s’affrontent dans un débat comme lundi [en face à face], c’est nécessaire de paraître combatif, car c’est deux positions qui se font face et celui qui peut gagner est celui qui se porte à l’attaque», explique Bernard Motulsky, professeur au département de communication sociale et publique de l’Université du Québec à Montréal.

«Les gens s’attendent à voir un chef en pleine possession de ses moyens, qui réagit et respecte malgré tout ses adversaires, ajoute Thierry Giasson, chercheur principal du Groupe de recherche en communication politique de l’Université Laval.

Tout est une question de dosage et de l’intention des chefs. «Si vous voulez conforter votre base, vous êtes mieux d’être plus agressif, car les gens qui vous suivent aiment bien que leur chef aille de l’avant, ajoute M. Motulsky. Mais si vous cherchez à convaincre des mous, mieux vaut éviter d’être trop combatif.»

La chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois cherchant à protéger son avance dans les sondages se doit donc d’être prudente, car elle a tout à perdre. Jean Charest, chef du Parti libéral du Québec n’étant pas en avance, se devait pour sa part d’être énergétique et montrer de l’assurance. Mais selon M. Giasson, M. Charest est allé trop loin face à Mme Marois. «Je pense que les gens ont vu quelqu’un qui était hors de contrôle, quelqu’un qui était peut-être un peu désespéré. Je pense que ça l’a discrédité», soutient-il.

Par ailleurs, il n’y a rien d’étonnant à ce que les débats de type face à face soient plus animés que la formule à quatre. Les débats à quatre demandent davantage de discipline dans la gestion du temps de parole. «À deux, c’est celui qui aboie le plus fort qui réussit à se faire entendre», souligme M. Motulsky. «Pierre Bruneau [l’animateur] a eu parfois un peu de misère à rétablir le calme lors du débat Charest-Marois.»

«Le duel est plus dangereux, car on ne peut pas se cacher derrière la cacophonie. Il faut répondre aux questions, c’est une autre dynamique», complète M. Giasson.

Préjugé contre les femmes
La littérature scientifique démontre qu’il y a un biais négatif de la perception de la performance des femmes en politique. «On a des modèles, des façons de concevoir les rôles des femmes et des hommes en société, explique M. Giasson. Une femme politicienne confiante et combative est à la frontière des deux modèles», dit-il. Les femmes sont plutôt associées à l’empathie, l’écoute, les politiques sociales, l’ouverture. La colère des femmes est perçue comme un manque de contrôle, de l’hystérie. «C’est un fait inéluctable, les études le démontrent. Les femmes doivent performer mieux que les hommes», souligne M. Giasson.

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