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OTTAWA — La chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, n’a toujours pas l’intention de se présenter comme candidate lors de l’élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord, une avenue qui aurait pu lui permettre d’asseoir sa légitimité et de faire taire les critiques.

Le Bloc québécois songerait, par ailleurs, à consulter ses membres, selon une source proche du parti. Son Bureau national a convoqué les médias jeudi matin pour faire une proposition qui, dit-on, vise à rassembler.

Mme Ouellet, qui cumule les fonctions du parti fédéral et de députée à l’Assemblée nationale, avait déjà fermé la porte à une éventuelle candidature dans Chicoutimi-Le Fjord. Elle invoquait des raisons familiales, le fait qu’elle voulait se présenter dans sa région et qu’elle ne voulait pas déclencher une élection complémentaire québécoise en démissionnant de son poste à l’Assemblée nationale avant la fin de son mandat. Elle représente la circonscription de Vachon, en Montérégie, sur la scène provinciale.

Un concert de voix demande un vote de confiance, voire sa démission, depuis le départ de sept des dix députés du Bloc québécois il y a une semaine.

La présidente de l’association du Bloc québécois dans cette circonscription, Élise Gauthier, estime que le parti avait de bonnes chances de l’emporter dans Chicoutimi-Le Fjord avant l’éclatement de la crise. C’est pourquoi elle a demandé mardi le départ de Mme Ouellet qui, selon elle, nuirait à une éventuelle candidature bloquiste.

«C’est pas les conservateurs, ni les libéraux, ni le NPD qui représentent les Québécois, je regrette, a-t-elle affirmé en entrevue. Il y a 40 députés libéraux (du Québec) à l’heure actuelle qui sont élus à Ottawa et il n’y en n’a pas un qui a défendu la Davie et la construction de brise-glaces qui nous sont nécessaires ici dans la région pour alimenter nos usines de Rio Tinto.»

Le politologue André Lamoureux, de l’Université du Québec à Montréal, croit lui aussi que le Bloc québécois aurait pu faire élire un député dans Chicoutimi-Le Fjord et ensuite dans plusieurs circonscriptions du Québec lors de l’élection générale.

«Le Bloc, pour une première fois depuis 2011, avait une porte ouverte pour lui aux élections de 2019, a-t-il analysé. Le NPD, ça ne passe pas la rampe au Québec avec Jagmeet Singh et les gens commencent à en avoir ras-le-bol des sparages des libéraux sur Netflix et cie, sans compter le voyage en Inde et le voyage avec l’Aga Khan.»

«Tout ça s’écroule à cause de cette crise-là, a-t-il ajouté. C’est catastrophique. C’est dévastateur pour le Bloc québécois.»

Mme Ouellet aurait dû, à son avis, se soumettre au test électoral beaucoup plus tôt. «La crédibilité d’un chef passe par là aussi et c’est possiblement une part des problèmes qui ont été rencontrés à la Chambre des communes avec l’ensemble du caucus du Bloc, a-t-il avancé. On ne peut pas diriger un parti de loin et de l’extérieur.»

M. Lamoureux croit aujourd’hui que la crédibilité de Mme Ouellet est trop atteinte pour qu’elle puisse espérer être élue sur la scène fédérale. À son avis, se présenter dans Chicoutimi-Le Fjord constituerait «un immense risque» parce qu’en cas de défaite, elle ne pourrait pas demeurer chef du Bloc québécois.

La meilleure option, selon lui, demeure une vaste consultation. «C’est d’aller confirmer le leadership maintenant, pas en 2019, auprès de l’ensemble des membres selon la formule un membre, un vote», a-t-il soutenu.

Le prochain vote de confiance envers la chef est prévu lors du congrès du Bloc québécois en mai 2019, soit dans 14 mois.

La circonscription de Chicoutimi-Le Fjord a été laissée vacante par l’ex-député libéral Denis Lemieux l’automne dernier. Le gouvernement Trudeau a jusqu’au 2 juin pour annoncer la date de cette élection partielle.

Lors de la dernière élection fédérale en 2015, le Bloc québécois avait obtenu 20,5 pour cent des suffrages exprimés derrière le Parti libéral (31,1) et le Nouveau Parti démocratique (29,7). Le Parti conservateur avait récolté 16,6 pour cent du vote.

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