TC Media | Steve Caron

MONTRÉAL — Les médecins résidents du Québec, qui s’étaient dotés d’un mandat de grève générale en février, commencent les moyens de pression plus sérieux. Lundi, ils se sont abstenus de leurs tâches d’enseignement.

Les 3600 médecins résidents veulent ainsi accroître la pression sur Québec, dans le but de renouveler leur entente collective, échue depuis trois ans.

Dans le cadre de leur travail, les médecins résidents enseignent aux étudiants en médecine qui font leur stage d’externat dans les hôpitaux, a expliqué au cours d’une entrevue le docteur Christopher Lemieux, président de la Fédération des médecins résidents du Québec.

«Les externes se rapportent directement au médecin résident, après avoir vu un patient. Et là, le médecin résident va réviser avec l’externe et va profiter de l’occasion pour lui expliquer un peu, faire de l’enseignement sur la pathologie qu’il a rencontrée, c’est quoi les traitements, c’est quoi les investigations, vraiment conseiller et faire directement de l’enseignement à l’externe. Et une fois que c’est fait, le résident va se rapporter directement au patron. Cette pyramide-là est dépendante des médecins résidents», d’où le choix de recourir à ce moyen de pression, a expliqué le docteur Lemieux.

Cette journée sans enseignement était la seule, pour le moment. Mais il n’est pas exclu d’en tenir d’autres, si les négociations ne débloquent pas.

Pour le moment, celles-ci sont au point mort, la dernière séance ayant eu lieu en décembre dernier.

«La balle est dans le camp du ministère. C’est un avertissement pour le ministre de la Santé, parce que si on n’a pas de retour de lui dans les prochains jours, éventuellement on peut aller vers un arrêt complet de l’enseignement de façon illimitée, et même jusqu’à la grève», a averti le docteur Lemieux.

Les médecins résidents avaient voté en faveur d’un mandat de grève générale dans une proportion de 98 pour cent, au début du mois de février. Toutefois, toute grève des médecins résidents serait soumise aux dispositions sur les services essentiels, ce qui signifie qu’au moins 90 pour cent d’entre eux devraient demeurer au travail.

Les points en litige sont la rémunération, la durée des gardes, les congés pour études et pour la préparation des examens, de même que les prestations de maternité. Ces dernières sont calculées sur la rémunération de base, sans tenir compte des primes touchées, qui peuvent représenter 20 pour cent de la rémunération.

«On se laisse la semaine pour laisser au ministre de la Santé le temps de nous revenir, s’il en a la volonté. Mais sinon, dès la semaine prochaine, on va passer à un niveau supérieur», a conclu le docteur Lemieux.

Le ministre Gaétan Barrette, qui avait été interrogé à ce sujet en février, avait soutenu que les demandes des médecins résidents n’étaient «même pas dans la même galaxie» et que les montants d’argent qu’ils revendiquaient était «extrêmement élevés».

Le ministre avait rapporté que ceux-ci demandaient 30 pour cent d’augmentation, mais ces derniers avaient soutenu que leur demande avait été abaissée à 17 pour cent, sans que le ministère ne fasse ensuite son bout de chemin.

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