OTTAWA — Les pensionnats pour Autochtones ont eu autant d’impact sur la santé et le bien-être de ceux qui les ont fréquentés que sur leurs descendants, conclut une étude.

Ces résultats sont contenus dans un nouveau rapport du Centre de gouvernance de l’information des Premières Nations, un organisme sans but lucratif mandaté par les chefs de l’Assemblée des Premières Nations. L’enquête se penche sur les divers facteurs influant sur la santé et le bien-être des Premières Nations vivant dans les réserves et les collectivités nordiques du Canada.

Le rapport publié mercredi révèle notamment que le nombre de survivants de ces pensionnats fédéraux diminue d’année en année, mais que les effets de ces institutions continuent à se faire sentir chez les enfants et les petits-enfants des anciens élèves.

Environ 15 pour cent des Autochtones qui vivent dans une réserve disent avoir fréquenté ces pensionnats, alors que ce nombre était de 20 pour cent lors des deux précédents sondages, en 2003 et 2010. Or, près des trois quarts des adultes des Premières Nations ont déclaré être directement touchés ou touchés de manière intergénérationnelle — par la présence de leurs parents ou de leurs grands-parents dans ces pensionnats.

Près de deux ex-élèves sur trois ont estimé que la fréquentation de ces pensionnats avait eu un impact négatif sur leur santé et leur bien-être. Plus de 40 pour cent d’entre eux disent avoir été agressés sexuellement dans ces écoles, et 70 pour cent ont été agressés physiquement ou verbalement.

Certaines améliorations

Le sondage suggère par ailleurs que les ex-élèves et leurs descendants étaient moins susceptibles de se déclarer en bonne ou en excellente santé, comparativement à ceux qui n’ont eu aucun lien avec les pensionnats. Les Autochtones touchés de près ou de loin par la vie en pensionnat fédéral étaient plus susceptibles d’avoir déjà nourri des pensées suicidaires, de s’adonner à la beuverie ou de consommer des drogues, comme la marijuana, mais aussi les opioïdes.

Ainsi, 25 pour cent des adolescents vivant dans les réserves et dont un grand-parent avait fréquenté les pensionnats ont déjà songé au suicide, comparativement à 10 pour cent chez ceux qui n’ont aucun lien avec ces écoles.

Le rapport souligne par ailleurs l’amélioration de certains indicateurs, même si les écarts sont toujours importants avec la population canadienne en général. Ainsi, la proportion d’adultes qui décrochent pendant leurs études secondaires est passée de 40 à 35 pour cent entre 2010 et 2017.

Le tabagisme chez les jeunes a diminué de moitié, et l’incidence du syndrome d’alcoolisme foetal a baissé chez les enfants qui vivent dans des réserves. Par ailleurs, près de 75 pour cent des jeunes répondants ont dit avoir été abstinents d’alcool en 2017, comparativement à 61 pour cent en 2010.

D’autres indicateurs ont cependant régressé, notamment au chapitre des logements surpeuplés.

Le sondage du Centre de gouvernance de l’information des Premières Nations a été mené auprès de plus de 24 000 personnes vivant dans des réserves de 253 communautés autochtones entre 2015 et 2017. Le Centre de gouvernance de l’information compte plusieurs partenaires, dont la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador, et l’Union des Indiens du Nouveau-Brunswick.

Le prochain rapport de l’organisme, attendu en juillet, portera sur la langue et la culture.

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