QUÉBEC — Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, s’est levé en Chambre jeudi pour se porter à la défense d’un parti rival.

Il a soutenu que la Coalition avenir Québec (CAQ) n’est pas un parti qui prône le «nationalisme ethnique», comme l’affirme le ministre des Finances, Carlos Leitao.

Ce dernier a accusé la CAQ d’adhérer au nationalisme ethnique dans une entrevue accordée au quotidien de langue anglaise The Gazette.

«La CAQ propose un nationalisme qui est ethnique, peut-on lire dans l’article. Je n’ai pas peur des mots, c’est ce que c’est. Ils voient la majorité française menacée par tous les étrangers.»

En 2016, la CAQ avait affirmé qu’elle imposerait un «test des valeurs» aux immigrants, dont la réussite serait nécessaire à l’obtention de la citoyenneté.

Il s’agirait d’abord de cours de français, d’histoire et de valeurs québécoises. Au bout de trois ans, ceux qui échoueraient à un test sur ces sujets pourraient être retournés dans leur pays d’origine.

Le test servirait notamment à barrer la route à certains défenseurs du burkini, ce maillot de bain porté par des musulmanes qui les recouvre de la tête aux pieds, avait illustré la CAQ.

M. Leitao a refusé cette semaine de s’excuser pour ses propos, comme l’exigeait le chef de la CAQ, François Legault. Il a affirmé que M. Legault et la CAQ «aiment bien diviser et souligner les différences entre les groupes de la société».

Le chef caquiste avait affirmé mercredi en conférence de presse que c’était une accusation «grave, hystérique et inacceptable».

En Chambre jeudi, M. Lisée a d’abord noté que le nationalisme ethnique, contrairement au nationalisme civil, «met l’accent sur l’ascendance généalogique, l’hérédité, souvent exprimée en tant que parenté ou de lien du sang».

Les politiques de la CAQ en immigration «ne sont pas bonnes», a dit le chef du PQ, «mais ce n’est pas du nationalisme ethnique», a-t-il tranché.

«Alors, est-ce que le ministre des Finances peut retrouver sa réputation de gentleman en se levant tout simplement et en retirant ses paroles?» a-t-il poursuivi, de concert avec le leader parlementaire de la CAQ, François Bonnardel.

M. Leitao est resté bien assis, tandis que le gouvernement libéral refusait de débattre d’une motion présentée par la CAQ, demandant à l’Assemblée nationale de reconnaître «qu’aucune formation politique représentée à l’Assemblée nationale du Québec ne prône le nationalisme ethnique».

Signe d’un malaise, aucun élu libéral n’a voulu répéter l’expression utilisée par M. Leitao.

Le ministre de l’Immigration, David Heurtel, est tout de même monté au front. «M. le Président, ce que la CAQ essaie de faire, c’est de diviser les Québécois», a-t-il martelé pendant la période des questions, en qualifiant au passage le «test des valeurs» de «test d’expulsion».

Plus tard, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, M. Legault a défendu son «test des valeurs», qui bloquerait, selon lui, l’arrivée d’immigrants en désaccord avec l’égalité hommes-femmes.

«On doit aussi s’assurer qu’il n’y a pas des gens qui prêchent la violence ou qui prêchent contre nos valeurs. Il faut prendre des précautions, tous les pays le font», a-t-il dit.

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