Darren Calabrese Darren Calabrese / La Presse Canadienne

HALIFAX — Un comité de la Chambre des communes s’est rendu à Halifax, lundi, pour entendre à huis clos le témoignage de victimes de traite de personnes.

Il s’agit du premier arrêt de ce comité fédéral formé de 12 députés qui doit aussi tenir des audiences cette semaine à Montréal, Toronto, Edmonton et Vancouver, afin de se pencher sur ce que certains appellent l’«esclavage moderne».

Les 12 élus des trois principaux partis aux Communes étudient les rouages de la traite des personnes au Canada, décrit comme le recrutement, le transport et la séquestration de personnes pour les forcer à travailler ou pour les exploiter sexuellement.

Selon le comité permanent de la justice et des droits de la personne, la majorité des victimes sont des femmes et des enfants maintenus sous le joug de trafiquants par la violence ou des menaces de violence. Certains groupes sont par ailleurs surreprésentés parmi les victimes au pays ou sont plus à risque de le devenir, notamment les femmes et les filles autochtones, les travailleurs migrants, les nouveaux immigrés et les membres des communautés LGBTQ2+.

Les parlementaires souhaitent établir une stratégie nationale pour lutter contre la traite des personnes, offrir de meilleurs services aux victimes, poursuivre en justice les trafiquants, et tenter de mieux protéger et soutenir les personnes toujours prisonnières.

Le président du comité, le député libéral montréalais Anthony Housefather, a indiqué qu’il avait entendu lundi des récits «inimaginables, violents et troublants» qui avaient ébranlé ses idées préconçues sur la traite des personnes.

«Je croyais que (ce phénomène) touchait surtout les gens issus de familles éclatées, qui tentaient ainsi de trouver l’amour qu’ils n’avaient pas à la maison», a-t-il confié après les audiences du matin. «Ça ne semble pas être du tout le cas (…) Certaines de ces personnes viennent de foyers parfaitement stables de la classe moyenne, réussissent bien à l’école et ont des parents aimants.»

La traite des personnes est un problème particulièrement criant en Nouvelle-Écosse, rappelle M. Housefather. Un gang de rue de la région de Halifax, les «North Preston’s Finest», s’est bâti une solide réputation pour sa capacité à recruter des jeunes filles. Et le port de Halifax attire des gens de partout dans le monde. «Ce gang oeuvre aussi ailleurs au Canada, particulièrement en Alberta.»

Le vice-président du comité, le député conservateur Rob Nicholson, soutient qu’il est capital de bien protéger les victimes qui dénoncent les trafiquants et les proxénètes. M. Nicholson a été Procureur général et ministre de la Justice de 2007 à 2013.

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