Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Martine Ouellet

OTTAWA — La chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, accepte de se soumettre à un vote de confiance anticipé, mais il semble que son geste ne permettra pas de rallier les sept députés dissidents qui forment maintenant le Groupe parlementaire québécois à la Chambre des communes. La chef se donnera un seuil de 50 pour cent plus 1 vote pour rester en poste.

«Après consultation de mon équipe, de plusieurs membres du Bloc québécois et des instances, je demanderai au bureau national d’ajouter une deuxième question au référendum, une deuxième question portant sur le vote de confiance», a-t-elle déclaré en conférence de presse lundi à Ottawa.

Quelques centaines de délégués du parti devaient déjà se prononcer sur les modalités d’un référendum sur le rôle du Bloc québécois comme véhicule de promotion de l’indépendance. La question sur les modalités de ce vote de confiance leur sera soumise en même temps lors du prochain conseil général qui se tiendra le 29 avril à Drummondville, soit deux semaines plus tôt que prévu.

«Je pense qu’avec cette deuxième question-là, ça nous permettra de faire le tour de toute la question de ce qu’on vit actuellement depuis la crise», a affirmé Mme Ouellet.

Sept députés des dix du Bloc québécois avaient claqué la porte à la fin du mois de février. Ils avaient alors remis en question le leadership de Mme Ouellet et lui avaient reproché son intransigeance. Il s’agit de Michel Boudrias, Rhéal Fortin, Simon Marcil, Monique Pauzé, Louis Plamondon, Gabriel Ste-Marie et Luc Thériault.

L’ex-chef du parti Gilles Duceppe, d’ex-députés et des associations de comté ont par la suite réclamé sa démission. D’autres voix ont suggéré qu’elle se soumette à un vote de confiance devancé, ce qu’elle avait jusqu’à maintenant refusé. Le prochain devait avoir lieu en mai 2019, soit dans 14 mois.

Le seuil que s’est fixé Mme Ouellet pour le référendum et le vote de confiance sera de 50 pour cent plus 1 vote.

«La base, c’est 50 pour cent plus 1 et on souhaite toujours le résultat le plus élevé possible», a-t-elle affirmé.

L’organisation d’un vote de confiance anticipé a été accueillie avec circonspection par certains des sept dissidents. Ceux-ci demeurent membres du Bloc québécois même s’ils ne représentent plus le parti à la Chambre des communes et ils pourraient donc voter.

«Je n’ai jamais connu dans l’histoire canadienne, ni dans l’histoire québécoise un chef qui a eu moins de 75 pour cent du vote et qui est resté en place», a constaté le député dissident Louis Plamondon, l’un des cofondateurs du parti.

«On va voir comment le conseil va l’orchestrer, a-t-il ajouté. Il ne faut pas que ça devienne un instrument entre les mains d’une seule vision.»

Pas question toutefois de revenir en arrière. «On a pris cette décision-là qui n’était pas facile de quitter le caucus, on ne commencera pas à changer d’idée à tout bout de champ et au gré des propositions ou des états d’âme de l’un ou de l’autre», s’est exclamé le député Rhéal Fortin.

«Les décisions appartiennent maintenant aux militants et aux militantes», s’est contenté de dire le député Michel Boudrias.

Martine Ouellet a indiqué que la tenue d’un référendum auprès des 20 000 membres du Bloc québécois permettra de tenir un vote de confiance sans avoir à organiser un congrès extraordinaire à l’automne en pleines élections québécoises.

«On va vous annoncer les modalités, mais on souhaite que ça se fasse dans un échéancier relativement rapproché», a-t-elle précisé.

Les membres seraient vraisemblablement consultés par téléphone ou par internet dans les mois suivants le conseil général.

Difficile de savoir pour l’instant si le vote de confiance aurait lieu avant l’élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord. Le gouvernement libéral a jusqu’au 2 juin pour annoncer la date de cette élection partielle. L’exécutif de l’association bloquiste dans cette circonscription avait demandé récemment la démission de Martine Ouellet.

La chef espère que ce vote de confiance et le référendum sur la mission du Bloc québécois permettront de dénouer la crise qui secoue le parti depuis trois semaines.

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