OTTAWA — Le gouvernement Trudeau à Ottawa entend présenter un projet de loi très attendu, mardi, pour resserrer les contrôles sur la vente, les permis et le suivi des armes à feu.

Les libéraux s’attendent à ce que les conservateurs s’opposent fermement au projet de loi, qui abrogerait certaines mesures adoptées sous l’ancien gouvernement Harper.

Le texte de loi devrait suivre la promesse des libéraux énoncée dans leur plateforme électorale, qui prévoyait accroître la vérification des antécédents pour toute personne qui souhaiterait se procurer une arme de poing ou toute autre arme à feu à autorisation restreinte. Ils voulaient également exiger que les clients présentent un permis valide lors de l’achat d’une arme.

Les libéraux s’étaient aussi engagés à obliger les vendeurs d’armes à conserver un registre de leur inventaire et de leurs ventes pour aider la police à enquêter sur le trafic d’armes et sur les autres crimes liés aux armes à feu.

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a annoncé que le gouvernement investirait 327 millions $ sur cinq ans et 100 millions $ supplémentaires l’année suivante pour lutter contre les crimes par armes à feu et les activités des organisations criminelles.

Le gouvernement libéral a déjà annoncé qu’il n’avait pas l’intention de rétablir un registre national des armes à feu — un projet de l’ère de Jean Chrétien, qui s’était révélé coûteux et qui était largement critiqué par les groupes de défense des armes à feu.

Les libéraux sont conscients que les mesures limitant les libertés des propriétaires d’armes à feu ou celles qui ajouteraient un fardeau administratif pourraient susciter les critiques, surtout dans les régions rurales où les armes font partie de la vie quotidienne.

Lors d’une récente conférence de presse à un symposium national sur les organisations criminelles et les armes à feu, Ralph Goodale a expliqué que l’objectif du projet de loi était de prioriser la sécurité publique, tout en s’assurant que «nous soyons pragmatiques et équitables quant aux propriétaires légitimes d’armes à feu».

«Tout le message sur la plateforme porte sur les armes de poing illégales et les armes d’assaut, a-t-il déclaré. Alors c’est vraiment concentré sur l’utilisation illégale des armes et les armes illégales elles-mêmes.»

Si les conservateurs s’opposent haut et fort aux mesures, les libéraux comptent rappeler les engagements du chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, pour le présenter comme étant déconnecté de la réalité.

Lors de la course à la direction des conservateurs, M. Scheer avait promis d’abroger toutes les lois relatives aux armes à feu qui n’assureraient pas le respect des droits d’honnêtes propriétaires, qui ne reconnaîtraient pas l’importance de la chasse et du tir comme sport, et qui ne permettraient pas à la police d’avoir plus de pouvoirs pour se concentrer sur les vrais criminels.

Le député conservateur Glen Motz a exhorté le gouvernement à trouver un moyen de s’attaquer au trafic d’armes illégales en se concentrant sur les ventes sur le web.

Le nombre d’homicides par arme à feu a bondi à 223 en 2016 au Canada — il s’agit d’une hausse par rapport aux 44 dénombrés en 2015 et d’une troisième augmentation annuelle consécutive. Il y avait 141 meurtres liés aux organisations criminelles en 2016, soit 45 de plus de l’année précédente. Le nombre d’entrées par infraction pour voler des armes est aussi en hausse.

Selon des notes du ministère de la Justice préparées pour un comité consultatif sur le sujet, les règlements sur les armes à feu n’ont pas été révisés depuis plus d’une vingtaine d’années. «Il y a plusieurs lacunes et des incohérences dans le système de classification actuel.»

—-

Les trois classes d’armes à feu au Canada

— Les armes à feu sans restriction (les carabines et fusils)

— Les armes à feu à autorisation restreinte (les armes de poing et certains fusils semi-automatiques)

— Les armes à feu prohibées (les armes de poing avec canon et les armes automatiques)

* Les armes sont classifiées selon les définitions inscrites dans le Code criminel et les règlements correspondants pris par décret.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!