Virginia Mayo / The Associated Press

TORONTO — Google met les fausses nouvelles dans son collimateur dans le cadre de sa nouvelle initiative, qui vise à cesser la propagation d’informations trompeuses et à aider les éditeurs à recueillir plus d’abonnés.

Le géant du web a annoncé mardi qu’il investirait 392 millions $ sur les trois prochaines années dans ce projet, qui prévoit prioriser les publications «de qualité», tout en facilitant les abonnements aux médias et en apprenant aux lecteurs à distinguer le vrai du faux sur internet.

L’annonce survient alors que les grands joueurs du web, dont Google, Facebook et Twitter, sont critiqués pour avoir permis à de fausses informations à faire leur chemin sur leur plateforme.

«Nous n’avons pas toujours visé juste», a admis le directeur des affaires commerciales de Google, Philipp Schindler, devant une foule de journalistes réunis à New York et plusieurs autres internautes qui regardaient la diffusion en direct dans les bureaux de l’entreprise à travers le monde, dont celui de Toronto.

M. Schindler a affirmé que Google renouvelait l’engagement qu’il a forgé avec les organisations médiatiques depuis 15 ans parce qu’il a réalisé être à une époque «où la dernière chose que vous voulez voir est un moteur de recherche qui ne donne pas du contenu de qualité».

Le programme consistera à ajuster les algorithmes et à utiliser de nouveaux services pour que les utilisateurs voient plus haut dans leurs résultats de recherche des liens de publications payantes.

L’initiative permettra aussi aux lecteurs de s’abonner à des médias en quelques clics directement à partir de leur compte Google. Après s’être inscrits, si les utilisateurs restent connectés sur leur compte Google, ils ne seront pas confrontés à des murs payants et ils ne se feront pas demander d’écrire leur nom et leur mot de passe lorsqu’ils vont sur des sites de médias pour lesquels ils sont inscrits.

Le programme lié aux abonnements sera lancé en partenariat avec 17 organisations, dont le New York Times, le Washington Post, le Financial Times et le Telegraph. Aucun des partenaires n’est établi au Canada, mais Google a promis que d’autres ententes seront annoncées bientôt.

Google prévoit aussi donner aux journalistes un accès plus sécuritaire à l’internet. Les journalistes pourront facilement établir un réseau privé sur un serveur privé, par l’entremise d’un système appelé Outline.

Programme d’éducation sur les nouvelles

L’entreprise ouvrira aussi le DisinfoLab afin de surveiller la désinformation pendant les élections et rendra disponible un document d’apprentissage appelé MediaWise, qui aidera les lecteurs à déterminer le vrai du faux sur le web.

Une initiative semblable à MediaWise a été lancée au Canada. NewsWise fournit un programme d’éducation pour que les enfants apprennent à trouver des informations fiables en ligne.

NewsWise avait reçu 500 000 $ de la part de Google Canada, qui s’était lié à la Fondation pour le journalisme canadien et à CIVIX, un organisme sans but lucratif de Toronto qui vise à impliquer les jeunes dans le processus démocratique.

NewsWise sera mis en place dans les écoles de l’Ontario pendant le printemps. Le programme devrait s’élargir dans tout le pays l’année prochaine, lors des élections générales canadiennes.

Difficultés des médias

La direction de Google a rappelé mardi que les médias faisaient face «à une époque difficile et complexe» en raison de la chute des revenus publicitaires.

Selon le Projet de recherche sur la concentration des médias canadiens, la part de Google dans le marché des médias électroniques représentait presque dix fois celle de l’industrie des médias quotidiens écrits et 60 fois les journaux communautaires.

En 2015, Google a engrangé 2,3 milliards $ en revenus de publicités en ligne au Canada, alors que l’éditeur de journaux TorStar avait reçu environ 125,9 millions $, Postmedia, 97,7 millions $ et Québecor, 88,7 millions $.

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