KAREN BLEIER / AFP

OTTAWA — Un document de travail préparé pour Élections Canada suggère que les «robots» utilisés sur les médias sociaux pour propager de fausses nouvelles, amplifier des messages ou s’attaquer aux autres internautes pourraient être surveillés et réglementés comme c’est le cas pour les appels automatisés.

Depuis le scandale des appels automatisés lors de la campagne électorale fédérale de 2011 — des milliers d’électeurs s’étaient plaints à l’époque d’avoir reçu des appels automatisés qui les dirigeaient vers les mauvais bureaux de scrutin —, toute personne qui utilise un tel service doit s’inscrire auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Les contrevenants peuvent se retrouver à payer une amende allant de 1500 à 15 000$.

Un employé conservateur avait finalement été reconnu coupable d’avoir violé la Loi électorale du Canada pour sa participation dans la mise sur pied des appels automatisés à Guelph pendant la campagne de 2011.

Depuis ce temps, les possibilités pour duper les électeurs se sont multipliées de façon importante avec la présence des robots, une application logicielle qui permet d’envoyer sur internet des messages automatisés à la vitesse de l’éclair.

Le document de travail rédigé pour le compte d’Élections Canada en août dernier a été obtenu par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

Il propose d’établir un registre de communication avec les électeurs semblable à celui qui est en place pour les appels automatisés. Toutes les entreprises qui utilisent des robots pour des fins politiques ou pour la campagne électorale devraient donc s’inscrire dans ce registre et fournir des informations précises sur leurs services.

Cela pourrait inciter les créateurs et utilisateurs de robots à rendre des comptes et à respecter un code de conduite, selon le document.

Le Centre de la sécurité des télécommunications, l’agence de renseignement électronique du Canada, a déclaré en juin dernier qu’elle s’attendait à ce que plusieurs groupes déploient leurs armes sur le web pour influencer les élections fédérales de 2019.

Un mémorandum datant du mois de septembre préparé par un représentant du Commissaire aux élections fédérales soulignait que les robots pourraient être utilisés «pour faciliter la perturbation du processus démocratique de plusieurs façons» — notamment en transmettant des informations trompeuses aux électeurs ou en propageant de fausses nouvelles.

Le rôle des robots sur les médias sociaux a fait l’objet de plusieurs questions depuis l’élection présidentielle américaine de 2016. Des Russes sont accusés d’avoir déployé leurs robots sur les médias sociaux pour répandre de fausses nouvelles et semer de la division parmi les internautes au profit du candidat républicain Donald Trump et aux dépens de la démocrate Hillary Clinton.

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