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Québec subventionne la consommation d’hydrocarbures à hauteur de 300M$ par an, selon une étude dévoilée mercredi.

«On le savait que ça se faisait au niveau fédéral et en Alberta, mais pour le Québec, on a été extrêmement surpris du nombre de programmes et du total des dépenses», a déclaré Steven Guilbeault, le directeur principal d’Équiterre qui souligne que la tendance est à la hausse depuis six ans.

C’est Équiterre qui a commandé l’analyse à l’Institut international du développement durable (IISD), basé à Ottawa et Genève.

Si on ajoute aussi les sommes publiques investies dans des projets d’hydrocarbures via le Fonds vert et certaines organisations étatiques, la somme atteint 2,1G$ sur sept ans. «C’est un chiffre conservateur, car pour au moins quatre programmes, les données du ministère des Finances ne sont pas disponibles», a souligné l’auteur de l’étude à l’IISD, Yannick Touchette.

Équiterre demande au gouvernement de publier les détails de l’ensemble de ces subventions, ainsi qu’un échéancier pour les supprimer d’ici 2025. L’organisme réclame en outre que le Fonds vert ne soit plus utilisé pour ce genre de projets.

Parmi les principales subventions octroyées, on retrouve la réduction de la taxe sur les carburants à la pompe dans certaines régions (99M$ par an), la réduction de la taxe sur les carburants pour les aéronefs et les locomotives (95M$ par an) et les remboursements de la taxe sur les carburants accordés aux entreprises de transport en commun (20M$ par an), mais aussi aux sociétés minières, agricoles et forestières (26M$ par an).

«On est pas contre les subventions au transport en commun ou aux sociétés forestières et minières, mais ça ne devrait pas prendre la forme d’une subventions aux hydrocarbures», a ajouté M. Guilbeault. Il a précisé que les pays du G7 ont promis d’abolir ce genre de subvention d’ici 2025.

Pour ce qui est du Fonds vert, M. Touchette a comptabilisé qu’au moins treize initiatives qui font appel à des hydrocarbures ont reçu 27M$ de subventions depuis 2015. «Bien que ces initiatives réduisent les émissions de gaz à effet de serre (GES), ces subventions ont pour effet indirect de réduire les coûts d’approvisionnement en hydrocarbures de certaines entreprises, ce qui a pour conséquence de ne pas les inciter à opérer une transition vers des sources d’énergies sobres en carbone», écrit-il dans son rapport.

Yannick Touchette recommande notamment de revoir les critères de sélection des projets admissibles au Fonds vert afin que les entreprises qui font une demande prouvent qu’aucune autre source d’énergie propre n’est envisageable.

M. Touchette croit que le programme EcoPerformance, qui est financé par le Fonds vert, devrait plutôt être utilisé pour que les entreprises tentent de se raccorder au réseau d’Hydro-Québec. comme l’a fait la mine Sitec Quartz. Il mentionne aussi qu’une usine passant du mazout au gaz naturel continue de faire appel aux hydrocarbures, même si l’intensité des GES émis est moindre.

impossible de recueillir de commentaire de là ministre de l’Environnement du Québec.

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