JOHN WOODS JOHN WOODS / La Presse Canadienne

WINNIPEG — Le conseil d’administration de Manitoba Hydro a démissionné en bloc, mercredi, faisant valoir une incapacité à travailler avec le premier ministre Brian Pallister. Neuf des dix membres du conseil ont annoncé leur démission.

M. Pallister a affirmé que le différend trouvait sa source dans le plan de la société publique de payer 70 millions $ à la Fédération des Métis du Manitoba pour qu’elle abandonne ses récriminations relativement à une nouvelle ligne de transmission vers le Minnesota.

Le premier ministre a parlé de sommes de «persuasion» qui auraient notamment eu comme objectif d’éviter d’autres audiences environnementales sur le projet.

Manitoba Hydro accumule des milliards de dollars en dettes pour construire de nouvelles centrales énergétiques et de nouvelles lignes de transmission, et demande aux organismes de réglementation d’approuver des hausses annuelles de tarifs pouvant aller jusqu’à 7,9 pour cent pour les quelques prochaines années.

Les progressistes-conservateurs s’étaient opposés à ce plan alors qu’ils étaient dans l’opposition, mais avaient affirmé après leur victoire électorale en 2016 qu’il était trop tard pour renoncer aux projets de construction. Les conservateurs ont remplacé les membres du conseil de Manitoba Hydro il y a moins de deux ans avec les neuf membres qui viennent d’annoncer leur démission.

Le seul membre restant est le député conservateur d’arrière-ban Cliff Graydon.

Une déclaration écrite du conseil ne fait aucunement mention d’un paiement à la Fédération des Métis du Manitoba. L’absence d’un véritable dialogue avec le premier ministre sur bon nombre d’enjeux cruciaux est évoquée.

Le président de la Fédération des Métis du Manitoba, David Chartrand, a accusé M. Pallister de jouer la «carte raciale» et a affirmé qu’il insultait ainsi tous les Métis en laissant entendre qu’ils pouvaient être «achetés».

M. Chartrand a affirmé qu’il y avait eu un accord négocié avec le conseil de Manitoba Hydro pour 67 millions $, payé sur cinquante ans, pour contrebalancer les impacts du projet Bipolle III et de la nouvelle ligne de transmission sur un territoire ancestral.

«Il s’agit d’un mensonge et (M. Pallister) ne fait que tenter de tromper son propre parti et les Manitobains», a dit M. Chartrand, indiquant la possibilité d’une poursuite par la Fédération.

Le président du conseil de Manitoba Hydro, Sanford Riley, n’était pas disponible pour une entrevue.

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