MONTRÉAL — Le Directeur des poursuites pénales et criminelles (DPCP) ne porte pas d’accusation contre le journaliste de Radio-Canada, arrêté récemment par le Service de police de la ville de Gatineau.

Aucun acte criminel n’a été commis, conclut le DPCP en faisant connaître sa décision jeudi.

Le journaliste Antoine Trépanier avait été arrêté par la police de Gatineau le 13 mars, après qu’Yvonne Dubé, qui faisait l’objet d’une enquête journalistique, eut porté plainte contre lui pour harcèlement criminel.

Mme Dubé est la directrice générale des Grands frères et Grandes soeurs de l’Outaouais. L’enquête journalistique de la société d’État faisait état d’une décision de la Cour supérieure de l’Ontario qui reprochait à Mme Dubé de s’être «faussement présentée comme avocate» et d’avoir «pratiqué le droit sans autorisation de septembre 2011 à mars 2012.»

Selon Radio-Canada, Antoine Trépanier a communiqué avec Mme Dubé une première fois le lundi 12 mars pour lui offrir un droit de réplique avant publication de son enquête. Celle-ci aurait répondu aux questions du journaliste au téléphone durant une vingtaine de minutes et aurait alors accepté de lui donner une entrevue devant la caméra.

Radio-Canada précise qu’Yvonne Dubé ne s’est pas présentée pour l’entrevue, laissant savoir qu’elle refusait désormais d’y participer.

Toujours selon le compte-rendu de Radio-Canada, Antoine Trépanier a offert le lendemain, 13 mars, par courriel une nouvelle occasion à Mme Dubé de répondre à ses questions devant la caméra. C’est à la suite de ce courriel que Mme Dubé a porté plainte au Service de police.

La société d’État avait immédiatement dénoncé l’arrestation, soulignant qu’elle était sans fondement, et que son journaliste ne faisait que son travail.

Le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Stéphane Giroux, avait souligné qu’aucune enquête n’avait été faite par la police avant de procéder à l’arrestation, une situation qu’il avait qualifiée «d’extrêmement inquiétante».

Lors d’une conférence de presse organisée jeudi pour réagir à la décision du DPCP, le directeur du service de police de Gatineau, Mario Harel, a déclaré que le policier ayant arrêté le journaliste «n’avait pas évalué adéquatement la situation».

Mais il ne s’agissait aucunement d’une tentative d’entrave à la liberté de presse, a-t-il ajouté.

Le service de police dit avoir fait une grande réflexion à l’interne et avoir pris des mesures pour que pareille situation ne se reproduise pas.

La police n’envisage pas d’accusation de méfait contre Yvonne Dubé.

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