THE CANADIAN PRESS Le ministre de l'Immigration, Ahmed Hussen.

OTTAWA — Le gouvernement fédéral «en a déjà fait beaucoup», estime le ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen. Il réagissait jeudi à la demande de remboursement du gouvernement du Québec pour la prise en charge des demandeurs d’asile qui ont afflué dans la province en 2017. Le gouvernement québécois réclame 146 millions $.

Les ministres québécois de l’Immigration, David Heurtel, et des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier, avaient fait parvenir une lettre à M. Hussen la veille pour demander au gouvernement fédéral de «reconnaître le fardeau financier» que le Québec a dû assumer et de rembourser «la totalité des sommes encourues pour la prise en charge des demandeurs d’asile ayant traversé la frontière de façon irrégulière».

«Si vous examinez les différentes façons dont nous avons géré cet enjeu, nous en avons fait beaucoup particulièrement en ce qui concerne le Québec», a affirmé le ministre Hussen.

Il a rappelé qu’Ottawa a prévu 173 millions $ dans son dernier budget pour gérer les arrivées irrégulières à la frontière. Cet argent servira, entre autres, à améliorer la rapidité du traitement des demandes d’asile et ainsi réduire la pression sur les provinces et à procéder à des renvois plus rapides des migrants dont la demande de réfugié est inadmissible.

Il a également ajouté que le gouvernement fédéral avait émis plus de 10 000 permis de travail pour les demandeurs d’asile au Québec, avait bonifié l’enveloppe pour leur intégration de 112 millions $ et avait augmenté le Transfert canadien en matière de programmes sociaux.

Sa réaction a fait bondir certains députés québécois. Le député bloquiste Mario Beaulieu a soumis sans succès une motion à la Chambre des communes jeudi pour qu’Ottawa rembourse l’entièreté des frais assumés par le Québec.

«Le gouvernement fédéral n’en a pas fait assez, a-t-il rétorqué. Il a fait une gestion totalement inefficace. Ça a été un cafouillage du début à la fin.»

Ottawa aurait pu, à son avis, octroyer des permis de travail aux demandeurs d’asile sans casier judiciaire dès leur arrivée.

Le député du Groupe parlementaire québécois Rhéal Fortin a souligné que l’accueil de ces demandeurs d’asile a eu un impact important sur les finances du Québec.

«C’est une compétence qui relève du fédéral, a-t-il fait valoir. C’est une décision du fédéral. C’est normal qu’on assume les coûts. Si j’invite ma famille chez nous pour Noël, je pense que c’est un peu normal que je paie la facture!»

Le Québec a reçu près de 25 000 demandeurs d’asile en 2017, soit la moitié du nombre total reçus dans l’ensemble du pays, selon la lettre du gouvernement québécois. La province recevait auparavant environ 3500 demandeurs d’asile annuellement.

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