Andrew Vaughan / La Presse Canadienne

OTTAWA — L’ambassade russe a répliqué aux critiques formulées par le premier ministre Justin Trudeau contre le président Vladimir Poutine au cours d’une conférence de presse, mercredi.

Un expert sur la présence russe dans l’Arctique a minimisé la dispute, l’attribuant à une erreur du premier ministre et à un diplomate de rang inférieur russe à la gâchette rapide.

M. Trudeau a déclaré mercredi que M. Poutine devait commencer à jouer un rôle plus positif dans le monde sur plusieurs fronts, de l’Ukraine à la Syrie, en passant par l’Arctique. Il croit aussi que le président russe devrait s’expliquer sur le rôle présumé de Moscou dans l’attaque chimique contre un ex-espion russe au Royaume-Uni il y a deux semaines.

En faisant référence à l’Arctique, le premier ministre a semblé déclencher l’ire de l’ambassade russe.

«Nous regrettons le ton hostile du premier ministre Trudeau lors de sa conférence de presse à Toronto en réaction à l’hystérie antirusse au Royaume-Uni , a écrit l’auteur du micromessage diffusé sur Twitter. Ce ton réquisitoire est totalement inacceptable et contre-productif, particulièrement dans le cadre d’un dialogue bilatéral sur des sujets importants comme l’Arctique.»

Le cabinet du premier ministre a défendu les propos de M. Trudeau, réitérant sa demande que la Russie coopère à l’enquête chimique survenue au Royaume-Uni. «Comme notre gouvernement a déjà déclaré par le passé: la Russie doit respecter les règles établies de l’ordre mondial», a écrit une porte-parole, Chantal Gagnon.

Le cabinet est toutefois demeuré silencieux au sujet des raisons qui avaient poussé M. Trudeau à mentionner l’Arctique dans ses commentaires. Il n’a pas répondu non plus à une question visant à déterminer si la politique canadienne dans cette région était une pomme de discorde entre les deux pays.Mercredi, M. Trudeau avait affirmé que le président Poutine se devait de changer son comportement.

«Que ce soit en reculant dans son engagement dans la Donbass ou en se retirant de la Crimée, ou en prenant la responsabilité pour des questions — les questions importantes que le Royaume-Uni a posées à la suite de l’incident du terrible empoisonnement il y a quelques semaines à Salisbury, ou celles autour de l’OTAN, de la Syrie, de l’Arctique», a affirmé le premier ministre.

Selon Michael Byers, de la Chaire de recherche du Canada en politique mondiale et en droit international de l’Université de la Colombie-Britannique, tout ce brouhaha n’est que la conséquence d’une suite d’événements anodins.

«Le premier ministre a commis une petite erreur et un diplomate de rang inférieur a réagi là-dessus. Point final», a-t-il commenté.

M. Byers a dit s’être rendu à Moscou et avoir eu des discussions au ministère russe des Affaires étrangères en raison de son expertise sur les questions de l’Arctique.

«L’Arctique est l’un des rares sujets où la coopération entre la Russie et l’Occident est encore bonne», a-t-il ajouté.

Il a soutenu que le compte Twitter de l’ambassade est géré par un secrétaire de presse qu’il a comparé à un «troll».

L’expert a même bloqué ce compte. «Bien sûr, c’est un employé du ministère des Affaires étrangères de Russie, mais il est très éloigné du centre de décision.»

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