Gonzalo Fuentes/Associated Press Le premier ministre Philippe Couillard.

QUÉBEC — Le premier ministre Philippe Couillard soupçonne la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire (QS) de faire affaires avec une firme qui collecte des données sur les réseaux sociaux comme Facebook, pour épier et cibler les électeurs.

Le chef libéral faisait ainsi écho jeudi à un reportage de Radio-Canada, dans la foulée du scandale Facebook-Cambridge Analytica.

On y apprend qu’une petite entreprise de Montréal récolte tout ce qui se dit, se partage et se commente sur les pages personnelles, un ensemble de données puisées dans les médias sociaux pour être analysé et traduit en profil politique. Un dirigeant de cette entreprise, Aventa, affirme qu’il a deux «clients» aux élections générales du 1er octobre.

Or le Parti libéral et le Parti québécois ont déjà fait savoir qu’ils ne faisaient pas affaires avec Aventa. En point de presse à Hemmingford, le premier ministre a assuré que le PLQ était irréprochable en matière de collecte.

«Nous, on ne récolte pas de données (de cette façon), mais si un parti politique le fait, c’est très inquiétant», a-t-il déclaré. Il a toutefois soulevé des doutes sur certains de ses adversaires.

«La firme dit qu’elle fait affaires avec deux partis politiques provinciaux. Le PQ a dit qu’il ne le fait pas, nous, on ne le fait pas non plus, donc il en reste deux (représentés à l’Assemblée nationale), donc je suggère de demander aux deux autres partis s’ils le font, et avec quels fonds ils le font.»

Démenti
La CAQ n’a pas mis de temps à démentir. Le personnel de l’aile parlementaire a affirmé que, selon les informations obtenues auprès de la permanence, non, le parti ne fait pas affaires avec Aventa.

La CAQ fait valoir qu’il y a après tout plus d’une vingtaine de partis reconnus par le Directeur général des élections qui pourront briguer les suffrages en octobre. «Quel beau raccourci (de M. Couillard)», a dénoncé un des porte-parole caquistes en entrevue téléphonique, en soulignant que sa formation récolte ses données comme elle peut, avec du porte-à-porte.

Pareillement, Québec solidaire assure qu’il ne fait pas affaires avec Aventa, «ni avec personne», a tenu à préciser un des attachés de presse, Nicolas Lévesque.

«On n’achète pas de données non plus», a-t-il écrit.

Questionné sur cet enjeu mercredi, le chef caquiste François Legault avait assuré que son parti ramassait par lui-même ses données.

La CAQ s’était targuée en octobre d’avoir payé un outil informatique «dans les sept chiffres» servant à centraliser plusieurs informations sur les électeurs pour les organisateurs et militants caquistes, qui peuvent ainsi identifier les sympathisants lors des élections. Le président de la CAQ, Stéphane Le Bouyonnec, laissait entendre que l’outil informatique permettait de réduire le recours à de la main-d’oeuvre ou des militants, puisque la formation a une machine moins importante que les partis traditionnels.

Or, M. Legault disait mercredi que l’outil «n’a pas coûté un million», qu’il a coûté beaucoup moins cher pour son parti que pour beaucoup d’autres «au fédéral ou dans d’autres provinces».

Quant aux données, la CAQ les récolte elle-même, l’outil permet de faire ce qui est appelé communément du pointage dans chacune des circonscriptions, a-t-il soutenu.

«Non, il n’y a pas de données qui ont été achetées en même temps que le système. Le système, il a été bâti de zéro.»

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