Facebook Alexandre Bissonnette.

QUÉBEC — En cette première journée des audiences sur la détermination de la peine d’Alexandre Bissonnette, le juge François Huot y est allé mercredi d’une mise en garde inhabituelle: il a suggéré aux proches des victimes et aux membres de la communauté musulmane d’y penser à deux, ou même trois fois, avant de rester dans la salle de cour et de voir les vidéos de la soirée de la tuerie à la grande mosquée de Québec.

La Couronne s’apprêtait alors à montrer au juge les images captées par les caméras de surveillance de la mosquée le soir du 29 janvier 2017.

Ces images de la progression de la tuerie font partie des éléments de preuve qu’elle veut déposer pour bien faire comprendre les circonstances entourant la commission des crimes, a expliqué Thomas Jacques, le procureur de la Couronne.

Il entend aussi déposer des photos, des plans, des extraits audio, des rapports et des témoignages écrits, a-t-il précisé. Par la suite, il va inviter à témoigner des victimes et des représentants de la communauté pour décrire l’impact que l’attentat a eu.

Bissonnette, âgé de 28 ans, a plaidé coupable fin mars à six accusations de meurtre au premier degré et à six chefs de tentative de meurtre.

Le juge Huot, de la Cour supérieure, a offert ce qu’il a appelé un «humble conseil», non pas en tant que juge mais en tant qu’homme, a-t-il souligné.

Le magistrat a dit aux gens présents dans la salle qu’il parlait en toute connaissance de cause puisqu’il a déjà visionné les images qu’il a qualifiées de «difficiles et de brutales».

«À mon avis, cela vous apportera bien peu dans le processus de guérison que vous avez amorcé», a-t-il dit.

Il a invité les gens présents dans la salle de Cour à quitter s’ils ne voulaient pas voir les images.

Ceux qui sont restés ont dû se soumettre à un nouveau processus de fouille pour s’assurer qu’ils n’aient pas sur eux un outil de télécommunication qui leur permettrait d’enregistrer les images.

Plus tôt mercredi, le juge Huot a prononcé une ordonnance de non-diffusion des vidéos, qui interdit aux médias de les montrer.

Alexandre Bissonnette est passible de 150 ans de prison.

La Couronne n’a pas encore annoncé ses couleurs sur la durée de la peine qu’elle allait réclamer. Tout au plus, Me Jacques a dit qu’il allait exiger une peine qui reflétera l’ampleur des «crimes odieux» qui ont été commis.

L’avocat d’Alexandre Bissonnette, Charles-Olivier Gosselin, estime que son client devrait être condamné à 25 ans de prison avant d’être admissible à une libération conditionnelle, mais pas plus. Une peine plus longue serait l’équivalent d’une «peine de mort par incarcération», a-t-il soulevé dans une procédure.

Il a de plus fait savoir qu’il allait demander que soit déclarée invalide parce qu’inconstitutionnelle la disposition du Code criminel qui permet d’additionner les peines de prison pour meurtre.

Ce débat doit avoir lieu dans une étape ultérieure, fin juin.

Les observations sur la peine doivent durer trois semaines et se poursuivent jeudi matin au palais de justice de Québec.

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