Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Vendredi soir dernier, quelques heures après le terrible accident d’autobus qui a fait 16 morts en Saskatchewan, le célèbre médecin et chirurgien-chef du Canadien de Montréal David Mulder ne parvenait pas à trouver le sommeil.

M. Mulder ne pouvait fermer l’oeil, entre autres parce qu’il estime que si un tel drame survenait dans une petite localité du Québec, la province ne serait pas prête à réagir.

Le Québec est la seule province au Canada et Montréal est le seul centre urbain en Amérique du Nord qui ne comptent pas de programme d’hélicoptères ambulances pouvant rapidement transporter des victimes gravement blessées vers des centres de traumatologie, a expliqué le chirurgien du Centre universitaire de santé McGill à La Presse canadienne.

À titre d’exemple, M. Mulder demande ce qui se produirait si un autobus scolaire entrait en collision avec un camion lourd à Victoriaville, 165 kilomètres à l’est du centre de traumatologie de niveau 1 de Montréal.

Selon lui, un tel événement entraînerait un haut taux de mortalité et énormément de difficultés pour transporter les victimes vers le centre de traumatologie.

En Saskatchewan, peu de temps après l’accident près de la municipalité de Tisdale, trois hélicoptères du programme provincial STARS ont été déployés sur place et ont joué un rôle majeur pour évacuer les victimes gravement blessées.

STARS est un organisme à but non lucratif financé par le gouvernement et des dons de la communauté. L’organisme opère en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba.

Le Dr David Mulder, qui a grandi en Saskatchewan, a travaillé dans un cabinet de médecine familiale à Watson, une municipalité située à environ 40 kilomètres à l’est de Humboldt.

«J’ai joué au hockey junior en Saskatchewan, j’ai fait des voyages d’équipe en autobus, ça m’a frappé droit au coeur», a confié le médecin qui a adressé une lettre ouverte au ministre de la Santé Gaétan Barrette.

Dans sa lettre, il souligne que les hélicoptères appelés sur les lieux ont «clairement réduit le délai» entre le moment de l’accident et l’arrivée des blessés graves aux soins intensifs du centre de traumatologie de niveau 1.

Le chirurgien parle de l’importance de «l’heure cruciale» en traumatologie. «La variable la plus importante pour la survie du patient, c’est le délai entre la blessure et l’arrivée aux soins intensifs», rappelle-t-il.

Dans sa lettre au ministre, David Mulder dénonce des délais inacceptables dans le transport de patients à partir de régions rurales. Des délais qui dépassent largement «l’heure cruciale», selon lui.

Un porte-parole du ministre de la Santé a assuré par courriel que des efforts sont faits pour mettre sur pied un programme d’hélicoptères ambulances.

«Le réseau de la santé a un système de premiers répondants, d’ambulances terrestres efficaces, un avion hôpital avec un équipement de secours qui permet des interventions médicales en vol et un avion ambulance», a énuméré Catherine Audet.

Malgré sa renommée, le Dr David Mulder considère avoir échoué dans sa mission de convaincre la province de se doter d’un programme d’hélicoptères ambulances depuis des années.

À son avis, le Québec a été chanceux de ne pas avoir eu affaire à un accident majeur en région rurale. «J’ai écrit cette lettre pour que l’on puisse éviter un tel drame», dit-il.

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