QUÉBEC – La première ministre élue Pauline Marois a intérêt à nourrir des attentes bien modestes, quand elle frappera à la porte d’Ottawa en vue de rapatrier au Québec des compétences reconnues au gouvernement fédéral.

Car aux yeux du gouvernement dirigé par Stephen Harper, rien n’a changé mardi soir avec l’élection du gouvernement péquiste et souverainiste de Mme Marois à Québec.

Ottawa entend donc ignorer les prétentions du gouvernement Marois quant à son projet de «gouvernance souverainiste» axé sur le rapatriement de compétences comme l’assurance-emploi.

L’approche du gouvernement Harper envers le futur gouvernement Marois peut se résumer à une expression: «business as usual», a dit à maintes reprises le lieutenant de M. Harper au Québec, le ministre de l’Industrie, Christian Paradis.

En conférence de presse, mercredi, à Québec, M. Paradis a dit que son gouvernement allait continuer à pratiquer le «fédéralisme d’ouverture», mais en autant qu’il ne change rien à l’ordre établi quant au partage des compétences entre Québec et Ottawa.

Il se dit quand même ouvert à des ententes administratives entre Québec et Ottawa, comme celles conclues avec le gouvernement Charest dans divers dossiers, comme ceux d’Old Harry, de l’obtention d’un siège à la représentation canadienne à l’UNESCO ou de l’harmonisation de la taxe de vente.

Par contre, «si les demandes (de Mme Marois) ont pour seul et unique but de saboter ou débâtir le gouvernement fédéral», Ottawa retirera ses billes, a tranché M. Paradis.

«Nous ne serons pas là, je peux vous en donner l’assurance», a-t-il ajouté, en rappelant que le programme d’assurance-emploi était «de compétence fédérale».

«Lorsqu’on parle d’ouvrir la Constitution et de changer des compétences, c’en est une autre (chose). Nous, on veut se tenir loin des querelles constitutionnelles», a plaidé M. Paradis, en insistant sur la priorité de son gouvernement pour la croissance économique.

«On veut se tenir loin des vieilles querelles constitutionnelles», a-t-il répété sur tous les tons, en faisant valoir que la population pensait comme lui.

La veille, par voie de communiqué, le premier ministre Harper avait réagi un peu de la même façon à l’élection du Parti québécois et de Pauline Marois, en disant qu’il se tiendrait loin de querelles d’ordre constitutionnel avec Québec.

Ottawa s’engagera aussi à respecter les compétences des provinces, a-t-il ajouté.

Au sujet de l’attentat meurtrier survenu au Métropolis, à Montréal, pendant le discours de Mme Marois en fin de soirée mardi, M. Paradis a dit que cela n’avait rien à voir avec l’abolition du registre des armes à feu.

M. Paradis était à Québec pour mousser des projets de création d’emplois pour 3000 jeunes à travers le pays, et ainsi combler des besoins de main-d’oeuvre dans des secteurs particuliers.

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