Karine Dufour/Radio-Canada Michel C. Auger

De nombreux arguments utilisés fréquemment en politique sont erronés puisqu’ils ne sont plus d’actualité, a affirmé le journaliste politique Michel C. Auger lors de son passage dimanche soir à l’émission Tout le monde en parle (TLMEP) à l’occasion du lancement de son livre, 25 mythes à déboulonner en politique québécoise.

Le journaliste d’expérience s’est attaqué à de nombreuses opinions entendues fréquemment dans l’espace politique et médiatique québécois, qui étaient peut-être vraies il y a 40 ou 50 ans, mais qui ne sont plus valides de nos jours. L’animateur Guy A Lepage a passé en revue la plupart des 25 idées préconçues abordées dans le livre.

Le mythe du recul du français au Québec est, d’après l’analyste politique, l’un des plus tenaces au Québec. Michel C. Auger souligne que 94,5% des Québécois «sont capables d’avoir une conversation en français», ce qui démontre que la loi 101 «a été un franc succès», selon lui. Le journaliste estime que «le cœur de la loi [101]», soit l’apprentissage obligatoire du français aux nouveaux arrivants, «a été respecté», ajoutant que les immigrants de 2e génération ont francisé la première, leurs parents. À propos du fameux «Bonjour-Hi» entendu au centre-ville de Montréal n’est pas non plus un signe de recul du français, mais plutôt une invitation à converser dans n’importe laquelle des deux langues officielles, et ce, principalement pour accommoder les touristes.

L’analyste politique a également abordé des mythes communs au sujet de l’immigration. Entre autres, il a soulevé qu’il est faux de croire que le vote des immigrants nuirait à un vote sur la souveraineté du Québec. «Si tous les Québécois « de souche » votaient pour la souveraineté, ça passerait haut la main», a-t-il insisté. M. Auger a critiqué au passage les retards du Québec en matière de reconnaissance des diplômes étrangers. Il s’est indigné que des Néo-Québécois, «choisis pour leurs compétences», n’obtiennent pas de reconnaissance pour leurs diplômes, avant d’ajouter que le taux de chômage au Québec est plus élevé chez les travailleurs détenant un diplôme universitaire.

L’idée de la nécessité d’un État laïque apparaît également dans le livre de Michel C. Auger, alors que ce débat a récemment refait surface autour d’une jeune femme portant le hijab qui souhaite devenir policière. À cet égard, il juge que la laïcité est utilisée comme «un prétexte» pour interdire des signes religieux. Sans trop s’avancer, le journaliste a jugé que «l’interdiction n’est pas utile» à l’État, et donc que la question devrait être étudiée plus sérieusement.

Michel C. Auger a profité de son passage à TLMEP pour souligner l’importance de s’informer plutôt que de se contenter d’articles d’opinion, étant donné que toutes les informations véhiculées dans son livre sont accessibles au grand public. Sans dire que l’opinion est trop présente dans l’espace médiatique québécois, le journaliste a critiqué l’abondance «de mauvaises chroniques», en ne nommant personne.

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