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MONTRÉAL — Une dentiste devra payer plus de 23 000 $ à son ancienne hygiéniste dentaire, qui travaillait en même temps pour un autre cabinet, après que le Tribunal administratif du travail eut annulé son congédiement.

Le tribunal avait déjà jugé, en octobre dernier, que le départ de l’hygiéniste dentaire Marie-Josée Bédard était en fait un congédiement sans cause juste et suffisante. Et dans un jugement qu’il vient de rendre, il fixe à 23 154 $ l’indemnité que la Dre Josée Gaudet devra lui verser pour perte de salaire, perte de son emploi, congé annuel et intérêts.

Habituellement, le tribunal ordonne la réintégration en emploi après un congédiement qu’il juste sans cause juste et suffisante. Mais à cause de la nature de leur travail, en étroite collaboration, il estime que c’est impossible d’ordonner la réintégration en emploi dans ce cas-ci.

L’hygiéniste travaillait de 12 à 14 heures pour cette dentiste et détenait un emploi similaire dans un autre cabinet dentaire.

La Dre Gaudet aurait reproché à l’hygiéniste de servir les intérêts de l’autre dentiste à son détriment, en plus de les comparer et de la critiquer sous différents aspects.

«À l’évidence, la preuve révèle l’existence d’une relation de travail complexe entre la plaignante et Dre Gaudet, mue par des tensions et des frustrations de part et d’autre, l’une comme l’autre se sentant clairement malmenée par sa vis-à-vis», a écrit la juge administrative Anick Chainey.

Leur relation s’était détériorée au point où en mai 2015, la plaignante avait rédigé une lettre de démission. Mais les deux femmes avaient fini par s’entendre et la plaignante était restée à son emploi.

Ce n’est qu’au mois d’août suivant, à la suite d’un autre épisode de frictions, que la Dre Gaudet lui avait indiqué qu’elle acceptait rétroactivement sa démission écrite trois mois plus tôt.

«Il est manifeste que, dans un tel contexte, Dre Gaudet a vu la démission écrite de la plaignante comme une porte de sortie et une façon de s’extirper de cette situation qu’elle percevait comme étant devenue impossible à gérer», ajoute la juge administrative.

«Cependant, elle ne pouvait agir de la sorte et brandir un document répudié par les deux parties trois mois plus tôt, d’autant plus qu’il lui est impossible de nier avoir décidé de garder la plaignante à son emploi», a-t-elle conclu.

Le Tribunal du travail, district de Lanaudière, a donc fixé à 10 756 $ l’indemnité pour perte de salaire, 10 900 $ l’indemnité pour perte d’emploi, plus une indemnité pour congé annuel qui était due, avec les intérêts, soit un total de 23 154 $.

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