MONTRÉAL — Québec injecte 2,9 milliards $ de nouveaux fonds d’ici 2023 dans le cadre de sa Politique de mobilité durable.

Entre autres mesures, il s’est donné l’objectif de réduire de 20 pour cent le temps de déplacement moyen entre le domicile et le travail, ce qui paraît d’autant plus ambitieux que le nombre de voitures en circulation a beaucoup crû, ces dernières années, et que les chantiers de construction se multiplient.

L’annonce en a été faite, mardi à Montréal, par le premier ministre Philippe Couillard, en compagnie du ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports, André Fortin, devant des représentants des municipalités et des groupes d’intérêt.

Le gouvernement compte y parvenir par différents moyens, dont des investissements dans le transport en commun, bien sûr, mais aussi une diminution des déplacements solo en voiture de 20 pour cent et, surtout, une diversification des choix de moyens de transport pour les citoyens.

«On n’a pas encore assez d’initiatives vraiment confortables et rapides à offrir aux citoyens», a répondu le premier ministre Couillard, au cours d’une conférence de presse pour lancer la politique gouvernementale.

Par exemple, une somme de 681 millions $ supplémentaires est octroyée pour «rendre le transport collectif urbain plus attrayant et compétitif» et une autre somme supplémentaire de 112 millions $ pour rendre plus attrayant le transport régional et interurbain.

Québec souhaite accroître de 5 pour cent par année l’offre de services pour le transport collectif et fait le pari que les gens seront ainsi plus tentés de l’utiliser.

Le gouvernement veut ainsi de façon générale diversifier les offres de moyens de transport. La Politique de mobilité durable vise ainsi à ce que «70 pour cent de la population ait accès à au moins quatre services de mobilité durable».

«Moi, je veux donner le choix aux gens. Je n’ai pas l’intention de les obliger; j’ai l’intention de leur proposer des choix. Et je suis convaincu que lorsque les choix seront accessibles, ils vont les utiliser», a commenté le premier ministre Couillard.

Il a justifié son choix d’y aller davantage par incitatifs que par pénalités, bien qu’il vise à réduire de 37,5 pour cent les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports par rapport au niveau de 1990. «Plus les mesures sont contraignantes, moins elles rallient l’adhésion de la population», a-t-il dit. Et Québec compte sur l’appui de la population pour atteindre son objectif de réduction des gaz à effet de serre.

Le premier ministre, qui est aussi député de Roberval, une circonscription où l’exploitation forestière est très présente, a rappelé que pour les citoyens de telles régions, l’utilisation d’une camionnette fait partie du quotidien.

«Dans mon coin, mes voisins gagnent leur vie en cultivant la terre et en exploitant la forêt et ils se promènent tous en « pick-up ». Le jour où on annonce une pénalité pour ceux qui ont des véhicules de ce type-là, on vient d’entrer directement dans leur gagne-pain. Ce n’est pas comme ça qu’on va rallier les populations des régions à la lutte aux changements climatiques», a-t-il opiné.

Réactions

Présent au lancement, Steven Guilbeault, du groupe Équiterre, a convenu que les objectifs étaient ambitieux. Mais il faut se donner de tels objectifs, croit-il, pour atteindre nos cibles de réduction des gaz à effet de serre et pour réduire notre dépendance envers le pétrole.

«Si on veut réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports, il faut qu’il y ait moins de gens dans leurs voitures. Comment on fait ça? Plus de transport en commun. La politique dit: il faut augmenter l’offre de transport en commun de 5 pour cent par année. Ça va être facile de mesurer», a-t-il souligné.

Son groupe, Équiterre, a d’ailleurs fait partie du comité aviseur qui a collaboré à guider cette Politique de mobilité durable. Il se félicite du fait qu’en plus d’avoir des objectifs clairs, un suivi sera assuré pour vérifier l’atteinte des cibles et corriger le tir ou accélérer la cadence, le cas échéant.

L’Union des municipalités, de son côté, y a vu «un document phare pour la mobilité durable des prochaines années».

Son président, Alexandre Cusson, a souligné qu’avec la hausse de l’achalandage projetée pour le transport en commun, «les municipalités ne pourront répondre à la demande». Il souligne qu’elles assument déjà la presque totalité des coûts d’exploitation du transport collectif, soit un manque à gagner de 400 millions $ annuellement.

La Fédération des chambres de commerce du Québec, quant à elle, s’est félicitée de la plus grande fluidité promise tant pour le transport des personnes que des marchandises. «Dans un contexte où le nombre de déplacements augmente sans cesse au Québec, la mise en place d’un cocktail de transport efficace et attrayant est nécessaire», a affirmé le pdg Stéphane Forget.

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