Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

LONDRES — Des environnementalistes opposés au projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain attendaient le premier ministre Justin Trudeau de pied ferme mercredi, au Royaume-Uni.

La manifestation coïncidait avec un nouveau rapport des Nations unies sur les gaz à effet de serre qui montre que les émissions du Canada commencent à fléchir, mais qu’il reste encore beaucoup de chemin à faire pour respecter les engagements internationaux du pays.

Néanmoins, le premier ministre n’a pas semblé ébranlé par la manifestation, remerciant d’abord les militants de leur présence en se dirigeant vers une première rencontre avant de réaffirmer l’importance de vendre aujourd’hui le pétrole canadien pour payer pour de l’énergie plus propre à long terme.

Il y a des gens qui «croient qu’il y a encore un choix à faire entre ce qui est bon pour l’économie et ce qui est bon pour l’environnement», a dit M. Trudeau en entrevue après s’être entretenu avec ses homologues du Royaume-Uni, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.

«Nous continuerons de faire ces deux choses de front, car nous savons que de faire croître l’économie est la seule manière de payer pour la transition vers le futur propre dont nous avons tous besoin», a ajouté le premier ministre.

M. Trudeau a amorcé sa première journée complète au Royaume-Uni, mercredi, avec un événement pour les droits des femmes à l’hôtel de ville de Londres, avant de s’entretenir avec la première ministre britannique Theresa May, le président rwandais Paul Kagame et des dirigeants de divers pays insulaires.

Le premier ministre a aussi eu une rencontre avec la reine, avant de discuter de cyberattaques, particulièrement celles menées par la Russie, avec ses homologues du Royaume-Uni, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, qui forment, avec les États-Unis, le Groupe des cinq («Five Eyes» en anglais), un partenariat en matière de sécurité et de renseignement

Les militants de Greenpeace UK ont notamment installé un faux oléoduc autour du haut-commissariat du Canada à Londres, près de la place Trafalgar, sur lequel on pouvait lire «Crudeau Oil».

Des manifestants ont aussi gravi deux colonnes de style grec de la mission canadienne pour dérouler de gigantesques bannières portant la même inscription, pendant que la police britannique et des employés les observaient calmement.

La trentaine de militants espéraient simplement exprimer leur opposition à M. Trudeau, mais ils l’ont aperçu pendant quelques secondes quand il est sorti de la mission pour se rendre à un événement à la mairie. Les écologistes ont crié au premier ministre «Les leaders de la lutte aux changements climatiques ne construisent pas d’oléoducs!» et «Laissez les sables bitumineux dans le sol!».

Un porte-parole de Greenpeace UK a expliqué qu’ils voulaient témoigner de leur solidarité avec tous ceux qui s’opposent au projet, y compris les Autochtones de la Colombie-Britannique.

«Beaucoup de personnes s’y opposent, incluant les Premières Nations, la province de la Colombie-Britannique, les résidants de Vancouver et de Burnaby», a affirmé le directeur de campagnes de Greenpeace UK, Pat Venditti.

«Et nous sommes ici pour les soutenir et pour dire que si M. Trudeau veut être un leader en matière de climat, il doit laisser de côté les oléoducs», a-t-il fait valoir.

Les changements climatiques ont été abordés à plusieurs reprises au cours de la journée, notamment durant une rencontre avec Theresa May dans les célèbres jardins de la résidence de la première ministre britannique.

Les deux dirigeants ont aussi discuté de commerce, M. Trudeau confirmant plus tard l’intention du Canada de conclure un accord de libre-échange avec le Royaume-Uni après la sortie britannique de l’Union européenne.

«Au premier jour après le Brexit, nous aurons l’entente (de libre-échange entre le Canada et l’UE) en vigueur entre le Canada et le Royaume-Uni», a dit M. Trudeau.

«Et après cela, nous allons amorcer des discussions sur la manière de l’affiner et de la rendre appropriée et possiblement de l’améliorer pour la relation particulière entre le Canada et le Royaume-Uni», a-t-il souligné.

M. Trudeau doit participer à une rencontre de dirigeants du Commonwealth, jeudi, avant de revenir au Canada, vendredi.

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