Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Les conservateurs ont repris la route du Québec à l’approche de l’élection fédérale, cette fois, avec un chef relativement nouveau, mais essentiellement le même message: les valeurs conservatrices sont des valeurs québécoises.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, se fait l’écho de ses prédécesseurs en affirmant que les propositions de sa formation, telles que des impôts bas, une sécurité resserrée à la frontière et un respect des champs de compétence provinciaux en font un choix naturel pour les Québécois sur la scène fédérale.

Mais bien que son message soit similaire à celui ressassé par les conservateurs avant l’élection de 2015, le contexte, lui, ne l’est pas.

Andrew Scheer entrevoit une potentielle percée pour son parti, maintenant que le Bloc québécois s’entredéchirer. Et la crise des réfugiés à la frontière entre le Québec et l’État américain de New York lui fournit des occasions de relever le contraste entre sa formation et celle des libéraux de Justin Trudeau.

Vendredi, lors du deuxième jour de sa tournée de la province, Andrew Scheer a martelé son message sur ceux qu’il désigne comme des immigrants «illégaux», lors d’une entrevue radiophonique avec Cogeco Nouvelles à Trois-Rivières.

«Ça fait plus d’un an et le gouvernement de Justin Trudeau n’a fait rien, a-t-il souligné, en français. Et on doit se souvenir que c’est son tweet qui a commencé le problème.»

Les partis de l’opposition au Québec ont eux aussi imputé le haut volume de demandeurs d’asile aux messages du premier ministre sur les réseaux sociaux.

Les dizaines de milliers de personnes qui sont entrées de manière irrégulière au Québec pour y demander l’asile au cours des deux dernières années pèsent lourd sur les services sociaux et constituent un enjeu électoral majeur en vue du scrutin provincial d’octobre.

Il y a un peu plus d’un mois, dans une lettre ouverte parue dans le journal La Presse, M. Scheer a soutenu que son parti était «à l’écoute» des préoccupations des Québécois. «Ensemble, construisons le Canada de demain», avait-il lancé.

Pendant cette tournée du Québec, Andrew Scheer espère gagner des appuis auprès des électeurs ayant désavoué le Bloc québécois, dont le nombre de sièges à la Chambre des communes est passé de dix à trois après le départ de sept membres du caucus.

Cet exode est attribuable à la chef Martine Ouellet, dont le style de leadership a été fortement critiqué et qui s’accroche à la tête du parti malgré les appels à sa démission.

«Il y a une occasion avec les gens qui ont peut-être voté pour le Bloc en 2015, qui ne sont pas nécessairement séparatistes, mais croient en un Québec fort, qui sont un peu nationalistes et cherchent un parti qui va protéger les intérêts du Québec», a exposé M. Scheer.

Les conservateurs ont décroché 12 des 78 circonscriptions du Québec aux élections fédérales de 2015. Ce nombre est toutefois passé à 11, l’an dernier, après un revers dans Lac-Saint-Jean. Une autre élection partielle est à venir dans la circonscription voisine de Chicoutimi-Le Fjord, qui avait été remportée par les libéraux en 2015. Ce vote permettra sans doute de prendre le pouls des appuis conservateurs à l’extérieur des grands centres de Montréal et Québec.

M. Scheer sera justement de passage à Saguenay samedi, puis le député Alain Rayes, son lieutenant politique pour le Québec, prendra le relais pour le reste de la tournée.

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