PATRICK DOYLE PATRICK DOYLE / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le chef d’état-major de la Défense, Jonathan Vance, a gardé contact avec le vice-amiral Mark Norman même si son ancien second était suspendu de ses fonctions pendant l’enquête de la GRC sur des allégations d’abus de confiance.

Ce sont des courriels, obtenus par La Presse canadienne grâce à la Loi sur l’accès à l’information, qui révèlent que les deux hommes ont continué à s’écrire après la suspension du grand patron de la Marine royale canadienne en janvier 2017.

Dans ces courriels, parfois à caractère plutôt personnel, on apprend qu’après la suspension de M. Norman, les deux hommes conviennent de faire le point chaque semaine. Dans la plupart des courriels, M. Norman signale simplement que tout va bien, dans le langage télégraphique utilisé traditionnellement par les sous-mariniers — «RAS», pour «rien à signaler».

Mais d’autres échanges sont moins laconiques. En février 2017, juste après la suspension avec solde de M. Norman, le général Vance lui demande s’ils ne pourraient pas se parler, au téléphone ou en personne, sur «la suite des choses à court terme». Un peu plus tard, en avril, il souhaite discuter de vive voix d’une série de promotions qui doivent être annoncées sous peu.

Les courriels ne révèlent pas si les deux hommes se sont effectivement rencontrés ou s’ils ont discuté au téléphone après la suspension du vice-amiral Norman. Le général Vance révèle toutefois une rencontre lors de funérailles en mai 2017.

M. Norman a été formellement accusé d’abus de confiance en mars dernier. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) croit que le vice-amiral a dévoilé aux dirigeants du chantier maritime Davie, de Lévis, des informations confidentielles du cabinet afin de sauver un contrat naval approuvé par le gouvernement conservateur mais réévalué par le nouveau gouvernement libéral.

Davie avait été choisi par le gouvernement de Stephen Harper pour convertir un porte-conteneurs civil, l’Astérix, en navire de ravitaillement temporaire, qui serait loué pendant cinq ans, avec une option supplémentaire de cinq ans, jusqu’à ce que de nouveaux ravitailleurs soient construits à Vancouver. Après avoir hésité, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a finalement décidé d’aller de l’avant avec le contrat. L’Astérix a été livré par la Davie à la Marine canadienne en décembre dernier.

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