QUÉBEC — Les chefs des grandes centrales syndicales ne donneront aucune consigne à leurs membres lors du scrutin du premier octobre. On ne leur dira pas pour qui voter.

Mais ils souhaitent que les travailleurs ne ratent pas une occasion d’interpeller les partis politiques, en campagne électorale, pour connaître leurs positions sur les différents enjeux relatifs au monde du travail.

Invités en point de presse à se prononcer sur l’enjeu de la prochaine élection, en marge de leur rencontre annuelle avec le premier ministre Philippe Couillard, jeudi, à l’occasion de la fête du 1er mai, les chefs syndicaux ont refusé de se prononcer pour ou contre l’un ou l’autre des partis représentés à l’Assemblée nationale.

Mais chose certaine, ont-ils dit en choeur, sans prendre position en faveur d’un parti ou contre lui, ils n’hésiteront pas à dénoncer une formation politique qui s’engagerait à intégrer le secteur privé au secteur public ou à réduire la taille de l’État, ont-ils commenté.

Les quatre chefs syndicaux venus rencontrer le premier ministre pour présenter leurs revendications étaient Daniel Boyer (FTQ), Jacques Létourneau (CSN), Louise Chabot (CSQ) et Luc Vachon (CSD).

Dans le passé, la FTQ avait donné son appui au Parti québécois, ce qu’elle a fait la dernière fois en 2007.

«Si j’entends la CAQ demain matin venir dire que ce serait bon du privé mélangé avec du public dans nos services, je vais me lever demain matin pour contrer ça», a dit Mme Chabot, en ajoutant qu’elle agira de même s’il s’agit d’un autre parti également.

«Si un parti propose d’amincir l’État, on va pas se gêner pour le dénoncer», a renchéri Jacques Létourneau.

Les leaders syndicaux ont aussi être échaudés par trois années de dures compressions du gouvernement libéral dans les services publics. Malgré les réinvestissements importants consentis dernièrement par Québec dans les services à la population, les chefs syndicaux se montrent très prudents, revendiquant plus de stabilité financière, surtout dans les grands réseaux de la santé et de l’éducation.

«On ne peut pas jouer au yo-yo avec les services publics», a fait valoir Mme Chabot, réclamant un financement stable et prévisible dans les années à venir.

Les chefs syndicaux disent par ailleurs avoir obtenu l’assurance, du premier ministre, que la réforme annoncée des normes du travail serait adoptée avant l’ajournement des travaux à la mi-juin, donc avant la fin du mandat du gouvernement.

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