Alex Panetta Alex Panetta / La Presse Canadienne

WASHINGTON — Les négociations intensives sur l’ALÉNA retiennent à Washington la ministre canadienne des Affaires étrangères, qui était pourtant attendue à Bruxelles pour une rencontre ministérielle de l’OTAN.

Chrystia Freeland a décidé de demeurer dans la capitale américaine, jeudi, signe que des progrès sont accomplis dans les négociations en vue du renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), a indiqué un porte-parole.

Mme Freeland devait s’envoler jeudi pour Bruxelles, afin de participer à une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

C’est son secrétaire parlementaire, Omar Alghabra, qui la remplacera dans la capitale belge pour la réunion de l’Alliance atlantique.

En dépit de signaux encourageants depuis quelques jours à la table de négociations de l’ALÉNA, Mme Freeland refuse toujours de céder sur la question de la «clause crépusculaire» souhaitée par Washington, qui serait une pierre d’achoppement dans cette phase avancée des discussions.

Cette clause mettrait automatiquement un terme au traité commercial cinq ans après sa signature, à moins que les trois États membres ne s’entendent pour le prolonger.

Selon des sources proches des négociations, Mme Freeland et le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, se sont encore affrontés sur cette question cette semaine, pendant une nouvelle ronde de discussions au sommet destinées à conclure une entente avant des échéanciers électoraux qui menacent une éventuelle ratification en 2018.

Interrogé sur les chances d’obtenir une entente de principe au cours des prochains jours, le président du syndicat canadien Unifor, Jerry Dias, a été catégorique. «Moins d’un pour cent», a-t-il lancé. Mis à part le secteur automobile, peu de progrès ont été réalisés dans les autres points en litige, a soutenu M. Dias.

Sans être aussi pessimiste, le ministre mexicain de l’Économie, Ildefonso Guajardo, a admis qu’une entente imminente n’était pas pour demain matin.

Des voitures plus chères?

Par ailleurs, une étude publiée jeudi conclut que les voitures neuves coûteraient des centaines, voire des milliers de dollars de plus à cause des nouvelles règles proposées dans le secteur de l’auto. L’étude du Centre de recherche en automobile, une organisation américaine, estime que ces règles équivaudraient finalement à une taxe de plusieurs milliards de dollars.

Les négociateurs tentent de s’entendre sur une formule qui obligerait les constructeurs à inclure une certaine proportion de pièces nord-américaines, et à n’utiliser que de l’acier nord-américain. Ces nouvelles règles favoriseraient aussi les usines qui offrent aux travailleurs les meilleurs salaires — une façon de tirer vers le haut les salaires offerts par les constructeurs mexicains.

L’étude de l’institut de recherche américain estime qu’au moins 46 types de véhicules construits actuellement ne respecteraient pas ces nouvelles normes, soit beaucoup plus qu’avec les normes de l’ALÉNA présentement en vigueur.

Les constructeurs ont toujours le choix: se confirmer aux normes de l’ALÉNA, ou payer un tarif douanier — qui est de 2,5 pour cent aux États-Unis et de 6,1 pour cent au Canada pour les véhicules légers. «Ces tarifs ajouteraient entre 470 $ US et 2200 $ US au coût de ces véhicules légers (…) et feraient perdre entre 60 000 et 150 000 ventes annuelles aux États-Unis.»

La recherche a été financée par les constructeurs, les gouvernements, les syndicats et d’autres organismes. Elle a été commandée par la Trade Leadership Coalition, un organisme financé par l’industrie automobile.

Mais ses conclusions n’étonnent pas le Canadien Jeff Rubin, du Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale, et ancien économiste en chef à la CIBC. Il rappelle que l’ALÉNA actuel fait des gagnants mais aussi des perdants, notamment les travailleurs de l’auto au Canada et aux États-Unis, qui ont vu leur industrie migrer vers le Mexique. Or, M. Rubin croit que les constructeurs de véhicules ou de pièces préféreront encore payer les tarifs plutôt que de rapatrier leur production dans des usines plus coûteuses.

À moins, bien sûr, que ces tarifs augmentent, ce qui changerait complètement la donne, estime M. Rubin.

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