Josie Desmarais/Métro Jean-François Lisée

QUÉBEC — Les déboires du Bloc québécois et de sa chef Martine Ouellet nuisent à la cause souverainiste, selon le chef péquiste Jean-François Lisée.

Il réagissait ainsi jeudi au plus récent sondage Ipsos-La Presse qui suggère que l’appui à l’indépendance serait à 31 pour cent dans l’opinion publique, tandis que le Parti québécois récolterait la faveur de 20 pour cent des électeurs.

Depuis plusieurs mois maintenant, la chef bloquiste est dans la tourmente: sept de ses 10 députés à Ottawa ont claqué la porte en février et veulent fonder un nouveau parti, tandis qu’elle subira un vote de confiance de ses instances dans quelques semaines.

En point de presse à l’Assemblée nationale, Jean-François Lisée a d’abord tenté de rester prudent à propos de l’incidence de la crise au Bloc québécois sur l’ensemble du mouvement souverainiste, mais il s’est finalement mouillé, devant l’insistance des journalistes.

«Je n’irai pas plus loin que de dire: bien sûr que ça n’aide pas», a-t-il finalement laissé entendre.

QS

Même prudence initiale chez Gabriel Nadeau-Dubois, le co-porte-parole de Québec solidaire (QS), qui a d’abord refusé de commenter en prétextant qu’il déteste quand les autres partis se mêlent des débats internes de QS. Lui aussi a toutefois fini par dire le fond de sa pensée.

«Globalement, ce qu’on voit entre les indépendantistes à Ottawa, ce n’est pas réjouissant, en effet, cela n’aide pas ce mouvement à avoir l’air d’un mouvement dynamique, moderne et rassembleur, c’est sûr et certain», a-t-il admis dans une mêlée de presse.

Réactions aux Communes

À Ottawa, chez les députés dissidents qui ont quitté le Bloc, le constat est le même. Ils ne se sentent pas responsables de la situation actuelle, puisqu’ils ont quitté le Bloc, c’est donc à Mme Ouellet de mettre fin à ce «vaudeville pathétique», a fait savoir le député Rhéal Fortin

«La façon dont Mme Ouellet gère la crise nuit au PQ, ça, c’est évident», a affirmé aux Communes ce membre du Groupe parlementaire québécois, c’est-à-dire le noyau des élus qui ont quitté le Bloc.

Le dernier carré de fidèles du Bloc estime plutôt que ce sont les dissidents qui ont provoqué la crise en remettant en cause la démocratie au parti.

«Tout mettre sur le dos de Mme Ouellet, c’est largement exagéré, a soutenu le député bloquiste Xavier Barsalou-Duval. Les déboires qu’on vit peuvent affecter ce qui se passe à Québec, comme ce qui se passe à Québec peut nous affecter.»

Il a dit espérer que le prochain vote de confiance au Bloc, les 1er et 2 juin, soit un «début de sortie de crise».

Le sondage Ipsos a été réalisé du 29 avril au 2 mai, auprès de 2001 internautes. Comme il s’agit d’un échantillon non probabiliste, Ipsos n’applique pas de marge d’erreur, mais estime que son enquête est précise à plus ou moins 2,5 pour cent, dans 19 cas sur 20.

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