Karine Dufour/Ici Radio-Canada Télé Andrew Scheer

Andrew Scheer avait un message clair pour les Québécois dimanche soir sur le plateau de Tout le monde en parle (TLMEP): le Parti conservateur du Canada (PCC) peut être une «voix forte à Ottawa».

Le chef conservateur a rompu avec la tradition de son prédécesseur Stephen Harper et a accepté l’invitation de Guy A Lepage pour participer à cette dernière de la saison.

Scheer s’est montré plutôt prudent dans ses réponses. Sans aborder les sujets controversés de l’avortement, du mariage gai et de l’aide à mourir, auxquels le député de Régina–Qu’Appelle s’oppose, l’animateur n’a toutefois pas manqué de dossiers sur lesquels l’interroger: taxe sur le carbone, migrants, contrôle des armes, légalisation du cannabis et Netflix.

Le PCC mène présentement une tournée de consultations au Québec afin de mieux connaître les attentes des citoyens. «Je suis dans une période de ma chefferie où on travaille sur la plateforme électorale», a expliqué le politicien de 38 ans.

Aux élections de 2015, les conservateurs n’ont mis la main que sur 12 sièges dans la Belle Province. M. Scheer a suggéré aux Québécois qui «veulent avoir une voix forte à Ottawa [de] regarder du côté de [son] parti» aux élections de 2019.

«Notre parti respecte les compétences de chaque province et rejette l’idée qu’Ottawa knows best», a-t-il assuré, faisant notamment référence au Bloc québécois qui traverse une crise très importante depuis le début de l’année.

Bien que M. Scheer, qui est père de cinq enfants, ait assuré vouloir laisser «un environnement plus sain pour les prochaines générations» et prévenu que le plan des conservateurs sur l’environnement sera «complet», il ne compte pas faire une croix sur l’exploitation des sables bitumineux.

«Les Canadiens, même au Québec, n’aiment pas le fait qu’on importe les énergies [fossiles] d’autres pays. C’est mieux d’avoir une industrie qui crée des emplois ici», a-t-il déclaré.

Il a par ailleurs reproché au premier ministre, Justin Trudeau, et son gouvernement de ne pas être en mesure de détailler les effets sur la classe moyenne et les coûts de la taxe sur le carbone.

Andrew Scheer n’a pas pu éviter de parler de Maxime Bernier dimanche soir, une rivalité qui a fait couler beaucoup d’encre récemment. Le député de Beauce a annulé mi-avril la parution d’un livre détaillant la course à la chefferie et dans lequel il accusait M. Scheer d’avoir eu recours à de «faux conservateurs».

«Je rejette l’idée que les producteurs laitiers sont de faux conservateurs. Ils sont impliqués dans notre parti depuis longtemps», a déclaré celui qui a remporté la course pour le leadership du PCC en mai 2017.

«Je peux vous assurer que Maxime ne sera jamais mon ministre de l’Agriculture», a-t-il blagué.

En rafale
Au sujet des migrants qui traversent la frontière canadienne de façon irrégulière, Andrew Scheer promet un système «basé sur les règles». «Les gens qui viennent de New York ne quittent pas la persécution. Notre système va placer les gens en vrai danger en priorité», a-t-il déclaré dimanche soir.

Les conservateurs s’attaqueront aux «vrais criminels» et à l’importation d’armes illégales, plutôt que la possession d’armes de chasse a mentionné M. Scheer, qui a d’ailleurs démenti la rumeur voulant qu’il possède un grand nombre d’armes à feu.

Le chef conservateur a maintenu que le 1er juillet pour la légalisation du cannabis était «une date politique». Il n’a pas cependant pas confirmé si un PCC au pouvoir en 2019 annulerait cette légalisation, disant simplement qu’il attendrait de voir comment la légalisation se déroule.

Au sujet de la possibilité de taxer les géants du web comme Netflix, M. Scheer a simplement dit que les conservateurs «n’aiment pas les nouvelles taxes».

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