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OTTAWA — Le gouvernement fédéral, sermonné l’an dernier par le vérificateur général du Canada pour la surveillance défaillante du controversé programme de travailleurs étrangers temporaires, intensifie ses inspections et la réprobation d’employeurs.

Depuis le début de l’année, près de 1600 employeurs ont été désignés «à haut risque» et sélectionnés pour des inspections par Emploi et Développement social Canada.

Le ministère a déjà lancé plus de 1340 inspections sur le terrain, soit sept fois plus que pour la même période l’an dernier.

Cette pression gouvernementale accrue s’inscrit dans la volonté de répondre aux inquiétudes soulevées dans un rapport du vérificateur général Michael Ferguson.

Ce dernier a signalé que certains employeurs se tournent vers des travailleurs étrangers temporaires sans démontrer qu’ils ont d’abord tenté de pourvoir les postes en question par de la main-d’oeuvre locale.

M. Ferguson a également dénoncé l’accès limité des agents du ministère aux données nécessaires pour évaluer les besoins du marché du travail.

Leur approche à l’égard des inspections «posait problème», a-t-il aussi relevé, puisque les employeurs en étaient informés à l’avance.

Le vérificateur général a prêté une attention plus particulière à deux secteurs: ceux des fournisseurs de soins et des travailleurs d’usines de traitement de poisson et de fruits de mer, où l’existence d’une pénurie de main-d’oeuvre lui paraissait douteuse.

Il a découvert que plus de 80% des Canadiens ayant perdu leur travail dans ces domaines recevaient des prestations d’assurance-emploi tandis que des entreprises embauchaient des travailleurs étrangers temporaires, censés constituer un dernier ressort.

Le Comité permanent des comptes publics de la Chambre des communes, qui a tenu ses propres audiences à ce sujet, a renchéri que même si le nombre de travailleurs étrangers temporaires est en baisse, la surveillance de leurs employeurs demeure «insuffisante».

La ministre du Travail, Patty Hajdu, a récemment abordé ces inquiétudes en décrivant les mesures prises en ce sens.

En plus d’un accroissement des inspections sur place, son ministère a accéléré le processus permettant aux agents d’intervenir auprès d’employeurs qui enfreignent les règles du programme — un processus dépeint par le vérificateur général comme long, onéreux et «inefficace sur le plan administratif».

Une liste des entreprises et employeurs pénalisés a aussi été publiée en ligne. Leur nombre est passé de 1 à 62 depuis le mois d’août dernier. Certains ont été bannis du programme pour une période allant jusqu’à deux ans, d’autres se sont vu imposer des amendes.

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