Yonatan Sindel Yonatan Sindel / The Associated Press

OTTAWA — Des diplomates palestiniens ont salué la décision du gouvernement Trudeau de ne pas assister à l’inauguration controversée de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, lundi — mais il appert que le Canada n’y était pas invité de toute manière.

Le Canada, comme ses principaux alliés, n’appuie pas la décision de Donald Trump de déménager l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, ville sainte aussi bien pour les juifs que pour les musulmans. Ottawa soutient qu’il s’agit là d’une question qui devra être discutée dans le cadre d’un processus de paix entre Palestiniens et Israéliens.

L’inauguration de l’ambassade à Jérusalem a provoqué lundi à la frontière entre Gaza et Israël les plus sanglants affrontements jamais vus depuis quatre ans dans la région. Les violences ont fait 59 morts et plus de 2700 blessés chez les Palestiniens, selon un bilan dressé mardi.

Le gouvernement israélien a jeté le blâme sur le Hamas, une position reprise lundi par le porte-parole de la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland. Adam Austen a signalé qu’Ottawa «condamne l’implication du Hamas, une organisation terroriste répertoriée».

Mais les diplomates palestiniens en poste à Ottawa ont estimé que les militaires israéliens avaient commis un «acte immoral» et usé d’une «force excessive» devant des manifestants qui protestaient contre le geste «unilatéral et illégal» de l’administration américaine.

«Face à ces images choquantes et sanglantes, nous ne pouvons que saluer la décision du gouvernement canadien, et celle d’autres gouvernements, de ne pas participer à cette soi-disant cérémonie d’inauguration américaine en sol palestinien», indiquent les diplomates dans un communiqué.

Mais le porte-parole de la ministre Freeland a précisé dans un courriel que le Canada n’était pas invité à la cérémonie d’inauguration à Jérusalem, un «événement bilatéral» israélo-américain. La veille, la ministre avait trouvé «inexcusable» que des civils, des journalistes et des enfants aient été victimes des violences. «Toutes (les) parties du conflit ont la responsabilité de protéger les civils», a-t-elle écrit sur Twitter.

Lors d’une conférence de presse à Calgary pour une annonce en matière d’infrastructures, mardi, le premier ministre Justin Trudeu s’est désolé des violences au Proche-Orient.

«Nous déplorons la violence terrible qui se passe dans la région actuellement, la mort d’innocents, d’enfants, de journalistes, de personnel médical. Nous sommes là pour encourager le retour aux négociations directes entre Israël et (…) les Palestiniens», a-t-il affirmé.

M. Trudeau a parlé lundi avec Donald Trump pour discuter de libre-échange, et les deux hommes ont évoqué les plus récents développements au Proche-Orient, selon le cabinet du premier ministre canadien.

M. Trudeau a toujours martelé que son gouvernement n’avait aucune intention de déménager l’ambassade canadienne à Jérusalem. Le chef conservateur Andrew Scheer, en revanche, imiterait les États-Unis. L’Assemblée générale des Nations unies avait adopté en décembre une résolution condamnant la décision américaine; le Canada s’était abstenu de voter.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!