OTTAWA — La pauvreté «chronique» parmi les immigrants de la catégorie du regroupement familial est un enjeu auquel on doit remédier, non seulement pour des raisons humanitaires, mais aussi pour améliorer l’économie canadienne, selon un nouveau rapport du Conference Board du Canada.

Alors que le Canada dépend de plus en plus des nouveaux arrivants pour combler la pénurie de main-d’oeuvre, le gouvernement devrait s’attarder aux obstacles affrontés par les immigrants sur le marché du travail et à l’amélioration de leur qualité de vie, plaide l’organisation.

En s’attaquant à la prévalence des faibles revenus «chroniques» chez ce type d’immigrants, le gouvernement aiderait le Canada à «profiter de leur capital humain sur le marché du travail», est-il écrit dans la recherche.

L’étude mesure comment les trois classes d’immigrants contribuent à l’économie et démontre que, bien que le Canada ait privilégié les immigrants économiques depuis le milieu des années 1990, les immigrants familiaux aident davantage à maintenir un bon taux de rétention et à améliorer les conditions des familles immigrantes.

Les immigrants qui arrivent au Canada par le regroupement familial et les programmes de parrainage gagnent un salaire significativement plus bas, en moyenne, par rapport aux autres Canadiens. Or, avoir des membres de leur famille à leurs côtés aide les nouveaux arrivants, car ils peuvent travailler plus d’heures pendant que leurs enfants se font garder par leurs proches.

Le regroupement familial favorise aussi l’établissement et l’intégration des immigrants dans les communautés, ce qui augmente les taux de rétention.

«Cela souligne l’utilité du regroupement familial pour le développement économique, alors que cela aide à stimuler la demande dans l’économie et à ajouter des travailleurs dans l’offre de travail», est-il écrit dans le document.

Ce type d’immigration a donné ses fruits dans les provinces de l’Atlantique, où les immigrants de la catégorie du regroupement familial ont été plus nombreux à rester dans la province, comparativement aux immigrants économiques.

Les conclusions de la recherche soulignent l’importance de considérer ce type d’immigration dans une optique économique, étant donné que le Canada continue de dépendre des nouveaux arrivants pour combler son manque de main-d’oeuvre.

Selon Statistique Canada, le nombre de décès surpassera le nombre de naissances au Canada d’ici 2034, ce qui signifie que l’érosion de la population active risque de se poursuivre rapidement, même avec les avancées dans l’automatisation.

Avec moins d’immigrants, le bassin de travailleurs diminuerait, les contribuables paieraient des impôts plus élevés et ils auraient accès à un moins grand éventail de services sociaux, selon le rapport. En revanche, augmenter les taux d’immigration de seulement un pour cent générerait une croissance modeste.

«L’immigration a toujours été vitale à la prospérité du Canada à travers l’histoire et elle est vouée à jouer un rôle encore plus important avec le temps. Le Canada doit rester proactif dans ses efforts pour bénéficier de l’immigration», conclut le rapport.

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