EDMONTON — L’Alberta a adopté une loi historique lui donnant le pouvoir d’intervenir dans les exportations de pétrole et de gaz, ce qui pourrait entraîner des hausses de prix punitives en Colombie-Britannique dans le contexte du différend sur l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain.

La première ministre Rachel Notley refuse de dire quand et comment ce nouveau pouvoir sera exercé, mais elle a déclaré que ça ne saurait tarder.

«L’Alberta sera dotée de nouveaux outils pour faire valoir nos droits de contrôler l’acheminement de nos ressources vers la Colombie-Britannique», a déclaré Mme Notley mercredi avant la troisième et dernière lecture du projet de loi 12.

«Les Albertains, les Britanno-Colombiens et tous les Canadiens devraient comprendre que si s’il n’y a pas de progrès rapides, je suis prête et disposée à fermer les valves.»

La loi donne à l’Alberta l’autorité d’intervenir sur le marché de l’énergie, de décider de la quantité de combustible qui sera acheminée et par quel moyen, que ce soit par train ou par pipeline.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique John Horgan a qualifié la loi albertaine de provocation.

«Plutôt que de nous demander comment nous pouvons travailler ensemble dans ce dossier, ils ont pris des mesures agressives», a-t-il déclaré.

Dans une lettre, le procureur général de la Colombie-Britannique David Eby a déclaré qu’une loi visant à faire subir des dommages à une autre province viole la constitution.

Il a exhorté la ministre de la Justice de l’Alberta, Kathleen Ganley, à faire passer le test des tribunaux au projet de loi afin de confirmer sa légalité.

«En l’absence d’un tel engagement, j’ai l’intention (…) d’intenter une action contestant sa constitutionnalité devant les tribunaux de l’Alberta», a déclaré M. Eby.

Il est prévu que l’interruption du flux de pétrole vers la Colombie-Britannique provoque des hausses de prix de l’essence à la pompe, notamment.

Le projet de 7,4 milliards de dollars a été approuvé par le gouvernement fédéral en 2016, mais depuis lors, il a été paralysé par des retards de permis et des contestations judiciaires en Colombie-Britannique.

M. Horgan a déclaré que son gouvernement reste préoccupé par les conséquences de déversements sur les voies navigables et sur le littoral.

Le propriétaire de l’oléoduc, l’entreprise texane Kinder Morgan, a réduit ses dépenses dans le projet et a donné au gouvernement Trudeau jusqu’au 31 mai pour démontrer qu’il y a une façon de l’achever.

Les gouvernements de l’Alberta et du Canada se sont engagés à soutenir le projet en injectant des fonds publics si c’est ce qui est nécessaire pour s’assurer se réalise.

Plus tôt mercredi, le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a déclaré que les pourparlers se poursuivent. Il a indiqué que plusieurs autres investisseurs sont prêts à se lancer dans le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain si Kinder Morgan Canada choisit de se retirer du dossier.

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