Adrian Wyld/La Presse canadienne Ralph Goodale

OTTAWA — Si les élus ont «le coeur» de bannir les armes d’assaut au pays, «au moins, on aura gagné quelque chose» et «toute la nation canadienne va applaudir», a plaidé mardi le président du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah.

C’est le message qu’il a livré aux députés du comité parlementaire qui étudie le projet de loi C-71 sur le contrôle des armes à feu. Il était accompagné de Heidi Rathjen, coordonnatrice du groupe PolySeSouvient, et de Michel LeRoux, père d’un policier tué par arme à feu en 2016.

«S’il vous plaît, s’il vous plaît. Aidez-nous, aidez-nous, et aidez la société à ce que ce genre d’arme d’assaut, de guerre, ne soit pas dans ce pays. C’est pour le bien de toute la société», a lancé Boufeldja Benabdallah aux élus du comité permanent de la sécurité publique et nationale.

Il a fait valoir que le bilan de la fusillade à la mosquée de Québec aurait pu être beaucoup plus lourd si le fusil du tireur — une arme longue semi-automatique «Small Arms VZ58 Sporter», légale et non restreinte — ne s’était pas enrayé.

«Tous les gens sont sidérés que cet individu avait une arme d’assaut. D’assaut!», s’est-il exclamé, enjoignant les élus à laisser de côté leurs «animosités politiques» et d’amender C-71 de façon à bannir les armes d’assaut au Canada.

«Soyez unanimes. Soyez bons. (…) C’est cet appel que je fais à vous tous ici (…) et je vais taper sur le clou jusqu’à ce que ça marche; Inch’Allah, si Dieu le veut», a promis le dirigeant du Centre culturel islamique de Québec.

À ses côtés, Heidi Rathjen, qui milite en faveur d’un contrôle plus strict des armes à feu depuis la tuerie à l’École Polytechnique, en décembre 1989, a aussi demandé de modifier C-71, qui respecte «à peine» les promesses contenues dans la plateforme libérale.

Mais elle ne se berce pas d’illusions. «Je ne peux pas dire que j’ai senti une ouverture, a-t-elle commenté après son témoignage en comité. On ne croit pas que les chances sont très grandes qu’ils amendent le projet de loi en ce sens.»

En revanche, elle estime que cette comparution devant le comité pourrait avoir l’avantage de sensibiliser la population.

«Les Canadiens vont être plus au fait que les armes d’assaut sont légales. (…) Le public n’est tout simplement pas au courant à quel point nos lois sont faibles au niveau de ce type d’arme à feu», a argué Mme Rathjen en entrevue.

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a réitéré mardi qu’il était ouvert aux propositions d’amendements. Il a cependant énoncé plus clairement ce qu’il avait suggéré il y a deux semaines: C-71 ne sera pas le véhicule législatif par lequel seront bannies les armes d’assaut.

«Cela nécessiterait un projet de loi séparé, car cela irait au-delà de la portée de ce qui est à l’étude à la Chambre des communes actuellement», a-t-il signalé en mêlée de presse avant la période des questions en Chambre.

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