Michael Dwyer / The Associated Press

HALIFAX — L’arrivée de deux baleines noires de l’Atlantique Nord dans le golfe du Saint-Laurent a mis un terme à plusieurs pêches très lucratives dans ce secteur à ce temps-ci de l’année.

Le gouvernement fédéral a décrété lundi la fermeture, «jusqu’à nouvel ordre», de la pêche commerciale dans certaines zones du golfe, afin de protéger ce qui reste de la population de baleines franches, menacées d’extinction. La pêche au crabe des neiges et au homard est notamment visée par cette fermeture. Tous les engins de pêche devront avoir été retirés en fin de journée mercredi au large du Québec et du nord du Nouveau-Brunswick.

L’échéance initiale de mardi 16 h a été repoussée en raison de vents puissants dans le golfe du Saint-Laurent.

Marcel Godin, directeur de l’approvisionnement à l’Association coopérative des pêcheurs de l’Île, à Lamèque, au Nouveau-Brunswick, soutient que les pêcheurs s’inquiètent pour la suite des choses. Il rappelle que si la pêche est suspendue deux semaines à cause de la présence d’une baleine, et qu’elle est ensuite suspendue un peu plus loin à la suite d’un nouveau signalement, les pêcheurs ne sauront plus où donner de la tête.

Les inquiétudes de M. Godin trouvent écho dans la nouvelle de Radio-Canada selon laquelle l’usine de transformation d’Ichiboshi, à Caraquet, mettait à pied une quarantaine d’employés. L’annonce a été faite par le syndicat, mais l’employeur ne l’a pas confirmée à La Presse canadienne.

Ces fermetures surviennent alors que la récolte de crabes des neiges était réduite de moitié cette année comparativement aux deux précédentes années, selon M. Godin. Or, les pêcheurs qui sont exclus de leur zone de pêche iront ailleurs, ce qui réduira d’autant les prises de chacun dans une zone donnée. Et les employés des usines de transformation auront aussi moins de crustacées sur la chaîne.

Par contre, jusqu’ici, la coopérative de transformation de Pointe-Sapin, au Nouveau-Brunswick, tire bien son épingle du jeu en traitant davantage de homards qu’à l’habitude, indique M. Godin.

18 baleines mortes en 2017

Robert Haché, directeur général de l’Association des crabiers acadiens, soutient que ses membres appuient la fermeture annoncée, mais il rappelle lui aussi que les pêcheurs exclus de leur zone iront mettre leurs casiers dans des zones déjà exploitées. M. Haché estime que quatre de ses 45 membres sont touchés par la mesure annoncée lundi.

Un total de 18 baleines noires de l’Atlantique Nord sont mortes l’an dernier dans les eaux canadiennes et américaines; la plupart ont été heurtées par un navire ou se sont empêtrées dans des cordages d’engins de pêche. Pêches et Océans Canada a précisé lundi que deux baleines noires de l’Atlantique Nord avaient été signalées au large des côtes du Nouveau-Brunswick, un peu au nord de la zone de 14 000 kilomètres carrés où la saison de pêche était déjà terminée pour cette année.

La fermeture annoncée lundi sera en vigueur pendant 15 jours, mais elle pourrait être prolongée si des baleines franches sont aperçues dans les parages.

Ottawa avait annoncé le mois dernier une série de mesures pour tenter de protéger les baleines noires, dont ces fermetures provisoires. Le gouvernement fédéral a aussi imposé des restrictions sur la longueur des cordages qui maintiennent les casiers à leur bouée, pour éviter que ces filins flottent sur l’eau.

Moira Brown, de l’Institut canadien pour les baleines, à Campobello, au Nouveau-Brunswick, indique que les baleines arrivent plus tôt cette année — on signale habituellement leur présence vers la fin de juillet ou le début d’août. Mme Brown souligne que le plancton est présent en plus grande quantité que d’habitude dans la baie de Fundy.

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