Josie Desmarais/Métro Manon Massé

MONTRÉAL — La coporte-parole de Québec solidaire Manon Massé a des mots durs pour le Parti québécois et son chef dans un livre qu’elle vient de publier, décrivant Jean-François Lisée comme un «habile tacticien toujours en train de réfléchir deux ou trois coups en avance».

À l’instar de plusieurs politiciens en période préélectorale, la députée solidaire a publié la semaine dernière un ouvrage qui parle de sa vie et de ses idées politiques.

Dans l’un des chapitres, elle revient sur la fameuse proposition d’alliances électorales avec le Parti québécois (PQ), que son parti avait finalement rejetée lors d’un congrès en mai 2017. Mme Massé avait voté contre, mais elle s’est rarement prononcée personnellement sur cette question.

La députée solidaire, qui est aussi candidate au poste de première ministre du Québec, se montre réticente à s’allier au PQ, rappelant les «promesses brisées du gouvernement Marois»: l’indexation des frais de scolarité, le maintien de la taxe santé et l’augmentation des tarifs d’Hydro-Québec.

Elle s’en prend aussi à M. Lisée, qui, selon elle, a «flirté» avec la démagogie pendant la course à la direction du PQ «en brandissant le spectre des AK-47 sous les burqas».

Elle ajoute que le chef péquiste «est à gauche un jour et à droite le lendemain».

«Une fois arrivé au pouvoir, le PQ serait-il un gouvernement « progressiste et souverainiste »? On en a vu d’autres», a écrit la députée solidaire.

«La démocratie n’est pas à mes yeux une simple partie d’échecs, et la stratégie nous fait parfois chambrer avec de drôles d’oiseaux», avait-elle soutenu une page plus tôt.

Un récit de vie

Même si Mme Massé dit dans son premier chapitre qu’elle n’a pas voulu faire de ce livre une autobiographie, il en a tout l’air.

Dans son ouvrage de quelque 170 pages, la «fille de Windsor» raconte avec un langage parfois familier les premières années de sa vie, marquées notamment par la discrimination, étant donné qu’elle était «déjà à cet âge-là tomboy».

La députée, une ancienne travailleuse communautaire, parle aussi de son cheminement spirituel, et du jour où elle a annoncé à ses parents qu’elle était lesbienne.

«Mon père s’éclaircit la gorge et m’annonce d’un ton solennel: « Fille, tu fais ce que tu veux dans la vie, mais sache que c’est contre-nature et que je ne veux pas de ça sous mon toit »», a-t-elle écrit.

«Ma pauvre maman a dû aller à la confesse au moins 28 000 fois cette année-là, tellement elle se sentait responsable!»

La députée glisse aussi un mot sur ses deux enfants, qu’elle a adoptés lors de sa relation avec Alexa Conradi, l’ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ).

La moustache, un lourd symbole

Dans un chapitre intitulé «Rire dans sa moustache», Manon Massé a aussi abordé de front un sujet qui fait beaucoup jaser: sa moustache.

Plusieurs, dont l’animateur Denis Lévesque, l’ont invitée à aller chez l’esthéticienne pour se débarrasser de ses poils blancs, a-t-elle rappelé.

Mais elle refuse, dit-elle, car «l’apparence est un champ de bataille». «Ici aussi, le pouvoir pointe son vilain nez, des gens cherchent à exercer leur domination sur d’autres.»

«J’assume complètement ma différence, même si je sais que ça rend beaucoup de gens inconfortables», a-t-elle expliqué.

«Pendant très, très longtemps, elles (des femmes), se sont fait dire d’aller chez l’esthéticienne et de s’occuper de ces poils qu’on ne saurait voir, de s’habiller d’une certaine façon, court, mais pas trop court, « parce que là, tu fais juste chercher le trouble »», a-t-elle ajouté.

Un rêve qui remonte à longtemps

En 1994, alors qu’elle est animatrice communautaire, Manon Massé se fait demander quel est son rêve le plus fou. Sa réponse? Devenir première ministre du Québec.

«Nous sommes 12 ans avant l’émergence de Québec solidaire et 20 ans avant mon élection à l’Assemblée nationale», a-t-elle souligné.

«Pour moi, à l’époque, être première ministre, c’est d’avoir les moyens politiques et économiques d’orchestrer une vaste campagne d’éducation populaire à l’échelle du Québec et permettre à tout le monde de cheminer dans leur compréhension du monde, de systèmes d’oppression et de leur donner les outils nécessaires pour le changer», a-t-elle indiqué.

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