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MONTRÉAL — Trois organisations syndicales récoltent des signatures, samedi, devant des succursales de la Société des alcools du Québec, pour la création d’une consigne pour les bouteilles de vins et spiritueux.

La Confédération des syndicats nationaux, le Syndicat canadien de la fonction publique et le Syndicat des Métallos signalent que la vaste majorité du verre placé dans les bacs de récupération québécois est ultimement utilisé dans des sites d’enfouissement, en tant que matériau de recouvrement, entre autres.

Selon Recyc-Québec, seulement 14 pour cent du verre récupéré par les Québécois en 2015 a été recyclé.

«On peut facilement penser à un système de consigne intelligent en tirant profit de l’extraordinaire réseau de distribution de la SAQ, explique le président du SCFP-Québec, Denis Bolduc. Les camions se rendent remplis de bouteilles dans plusieurs points de vente et de distribution pour ensuite revenir vides vers les entrepôts.»

L’adjoint au directeur québécois des Métallos, Dominic Lemieux, assure que cette idée bénéficie d’un important soutien populaire.

«Trouvez-moi quelqu’un qui est en faveur qu’on enfouisse 180 millions (de bouteilles) annuellement au Québec dans les dépotoirs!», a-t-il lancé en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

À l’approche des élections provinciales, les syndicats veulent profiter de ce qu’ils perçoivent comme une bonne conjoncture, alors que la SAQ s’est montrée ouverte à une telle consigne pour la première fois cette semaine.

La secrétaire générale de la Fédération des employées et employés de services publics de la CSN, Nathalie Arguin, explique que leurs pétitions en ce sens comptent déjà plus de 25 000 signatures. Elles devraient être déposées à l’Assemblée nationale avant la fin de la session parlementaire.

Nathalie Arguin se réjouit que les syndicats puissent cette fois défendre une mesure à la fois écologique et profitable pour les travailleurs.

«On est contents de voir qu’on n’a pas de choix déchirant à faire, reconnaît-elle. La consigne, c’est bon pour l’environnement et aussi pour la création d’emplois.»

«Les syndicats, on est souvent associés à des griefs, à des grèves, à des lock-outs, à des choses comme ça, mais on a été, au cours des années, des acteurs de changements importants dans la société québécoise», renchérit Dominic Lemieux.

Une question de débouchés

La veille, la SAQ a tenu à rappeler que le défi réside non pas dans la récupération des bouteilles de vin et spiritueux, mais bien «dans le tri des matières et la commercialisation des débouchés locaux, particulièrement pour le verre coloré».

La vice-présidente et chef de l’exploitation de la société d’État, Catherine Dagenais, a relevé cet enjeu dans un communiqué d’Éco Entreprises Québec, qui fait le point sur ses projets pilotes lancés à l’automne dernier dans cinq centres de tri.

Depuis, le taux de recyclage du verre récupéré au Québec est passé de 14 à 50 pour cent, indique ÉEQ, grâce à une réutilisation dans les abrasifs et dans l’industrie de la filtration, entre autres.

Nathalie Arguin, de la CSN, objecte que les débouchés se font seulement rares pour le verre recyclé de piètre qualité qu’on achemine dans les centres par la collecte sélective, au cours de laquelle il se brise et se contamine.

Dominic Lemieux, des Métallos, souligne que l’usine de fabrication de verre Owens Illinois doit pourtant importer des matières recyclées des États-Unis ou d’ailleurs au Canada. L’usine de Pointe-Saint-Charles, qui embauche quelque 400 travailleurs, a même été menacée par ces difficultés d’approvisionnement, rapporte-t-il.

«Le verre qui serait recyclé directement à la SAQ, Owens Illinois pourrait en consommer une grande partie», fait valoir le syndicaliste.

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