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Baisse du taux d'inflation au Canada

Julian Beltrame - La Presse Canadienne

OTTAWA – Le taux annuel d’inflation a légèrement fléchi en août au Canada. Il a diminué d’un dixième de point de pourcentage pour se situer à 1,2 pour cent. Il est ainsi retourné au niveau du mois de mai dernier.

Statistique Canada a cependant fait état de prix plus élevés pour l’achat de véhicules automobiles, pour l’essence, pour la viande et pour les aliments achetés au restaurant.

Selon l’agence, l’indice des prix à la consommation (IPC) est ainsi revenu à son plus faible niveau en plus de deux ans.

La faiblesse de l’inflation était attendue par les économistes, qui pariaient toutefois sur la stabilité de l’IPC. Selon eux, ce faible taux d’inflation est typique d’une économie moribonde où les détaillants et les fabricants font face à une faible demande.

Le taux d’inflation de base, qui mesure la pression sur les prix en excluant les biens volatils comme l’essence et la nourriture, a reculé d’un dixième de point de pourcentage pour s’établir à 1,6 pour cent, soit bien confortablement en-deçà de la cible de 2 pour cent de la Banque du Canada.

Malgré le préjugé favorable du gouverneur Mark Carney envers un resserrement des normes du crédit, préjugé qu’il a répété la semaine dernière, les analystes affirment qu’il n’y a pas de pression sur la banque centrale pour augmenter les taux d’intérêts en raison de craintes inflationnistes.

«Alors que l’inflation de base se situe bien au-dessous des prévisions de la Banque du Canada pour le troisième trimestre, que le marché immobilier ralentit et que la Réserve fédérale américaine appuie de nouveau sur l’accélérateur monétaire, une hausse des taux au Canada ne se produira pas avant au moins un an», a écrit l’économiste de la Banque de Montréal Robert Kavcic dans une note destinée à ses clients.

Selon David Madani, économiste chez Capital Economics, l’inflation de base pourrait d’ailleurs diminuer encore davantage dans les prochains mois, alors que des risques domestiques et étrangers atténuent la croissance économique.

«Puisque le chômage risque d’augmenter, nous nous attendons à ce que la Banque du Canada cesse définitivement de faire référence à l’abandon de sa politique monétaire, dit-il. Le ralentissement économique en cours au Canada, dû à une demande extérieure qui diminue et un marché immobilier tournant au ralenti, laisse présager d’une offre de plus en plus supérieure à la demande et de pressions déflationnistes additionnelles.»

Au Québec, le taux d’inflation a augmenté d’un dixième de point de pourcentage pour atteindre 2 pour cent. Dans la province, les prix de l’essence ont notamment progressé de 4,6 pour cent, soit à un rythme deux fois supérieur à la moyenne nationale.

En Ontario, le taux d’inflation est passé de 0,7 pour cent en juillet à 1 pour cent en août. Au Nouveau-Brunswick, le taux se situait à 1 pour cent, en hausse de 0,1 point de pourcentage.

L’indice de référence de la Banque du Canada a augmenté de 1,6 pour cent au cours de la période de 12 mois se terminant en août, après avoir progressé de 1,7 pour cent en juillet.

Sur une base mensuelle, l’indice de référence désaisonnalisé a affiché une hausse de 0,3 pour cent en août, après n’avoir enregistré aucune variation en juin et en juillet.

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