ADRIAN WYLD SNIDERMAN. ADRIAN WYLD / La Presse Canadienne

TORONTO – Le fondateur de la légendaire chaîne de magasins de disques Sam the Record Man, Sam Sniderman, est décédé dimanche à l’âge de 92 ans. Il est mort paisiblement dans son sommeil, entouré de ses proches, à Toronto.

Sam Sniderman avait ouvert, en partenariat avec son frère Sid, un premier commerce musical sur la rue College à Toronto en 1937. Ensemble, ils ont ensuite démarré la chaîne Sam the Record Man. Des boutiques ont ouvert aux quatre coins du Canada.

Le plus célèbre de ces établissements, qui avait pignon sur la rue Yonge, toujours dans la Ville reine, a ouvert en 1959. La boutique, dont la façade était ornée de disques géants en néon, a dû fermer ses portes en 2007, sept ans après la retraite de son fondateur. L’endroit était devenu un refuge pour les amateurs de musique de tous genres. On y retrouvait une clientèle fidèle et du personnel si bien informé qu’il pouvait rivaliser avec n’importe quel spécialiste musical qui franchissait les portes des magasins.

Dans son décor qui ressemblait à un entrepôt, «Sam» avait le répertoire le plus cher au pays. Ses murs étaient ornés de disques vinyles couleur or, d’artéfacts et de photographies d’innombrables artistes — Randy Bachman, Burton Cummings, Gordon Lightfoot et Rush, notamment — qui appréciaient le travail de Sniderman.

«Sam était fier d’être le meilleur ami de nombreux musiciens canadiens», a écrit le chanteur de Rush, Geddy Lee, dans un communiqué diffusé lundi.

«Je me rappelle de la première fois que nous avons reçu notre premier disque d’or canadien; c’est Sam qui nous l’avait offert pendant un souper au restaurant ‘Sam the Chinese Food Man’», a-t-il ajouté, faisant référence à une autre des aventures commerciales du passionné de musique.

«Sam a vraiment contribué à changer la manière dont les Canadiens perçoivent le talent des leurs», a conclu Geddy Lee.

Au fil des ans, plusieurs succursales de Sam the Record Man ont vu le jour à l’extérieur de Toronto, notamment au centre-ville de Montréal, sur la rue Sainte-Catherine.

Sam Sniderman a joué un rôle clé dans le développement de l’identité artistique du Canada, si bien que plusieurs le considèrent comme le parrain de l’industrie musicale québécoise. Dans les années 1970, il a soutenu la mise en place de la réglementation sur la diffusion de contenu canadien, à une époque où celle-ci était fort controversée.

Il a également participé à l’organisation du premier gala des Juno, et il a reçu l’Ordre du Canada en 1976 pour sa contribution à la musique canadienne. Il a été intronisé au Temple de la renommée de la musique country canadienne en 1997.

Son oeuvre a été honorée lundi à Ottawa. Le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, a offert ses condoléances au nom du gouvernement et déclaré que Sniderman avait laissé sa marque en «appuyant constamment les talents canadiens et en prenant soin de conserver notre héritage culturel».

Au même moment, à la Chambre des communes, le néo-démocrate Andrew Cash rendait hommage au passionné de la musique en le décrivant comme «un iconoclaste, un pionnier et un fervent partisan de l’excellence de la musique canadienne».

«On allait au Sam the Record Man pour des conseils — on y allait pour s’approcher, participer, découvrir la scène passionnante musicale canadienne», a déclaré M. Cash.

Sa famille a précisé qu’un service commémoratif en sa mémoire serait organisé en octobre.

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