Adrian Wyld Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA — Près de 4000 Canadiens se sont tournés vers l’aide médicale à mourir pour abréger leurs souffrances depuis que la loi québécoise et la loi fédérale sont entrées en vigueur.

Et dans la deuxième moitié de 2017, Santé Canada estime que 1525 Canadiens ont reçu l’aide médicale à mourir, ce qui représente une hausse de près de 30 pour cent par rapport au premier semestre de la même année. De ce nombre, 40,5 pour cent ont obtenu l’aide médicale à mourir dans un établissement hospitalier, et 43,3 pour cent à la maison.

Les autres sont morts dans des établissements de soins longue durée ou des centres de soins infirmiers, dans des centres de soins palliatifs ou à des endroits non précisés.

On ne recense aucun cas de «décès autoadministrés» durant cette période.

Le pourcentage de décès attribuables à l’aide médicale à mourir au Canada reste par ailleurs comparable à celui des autres pays qui ont mis en place un tel régime, selon Santé Canada.

Ces statistiques sont tirées du troisième rapport périodique sur l’aide médicale à mourir. Santé Canada souhaite mettre en oeuvre d’ici l’automne un système permanent de surveillance et d’établissement de rapports sur l’aide médicale à mourir. En attendant, le ministère fédéral compile des statistiques tous les six mois à partir des données — incomplètes — fournies par les provinces et territoires.

Le rapport périodique révèle ainsi que 3714 Canadiens ont eu recours à l’aide d’un médecin ou d’une infirmière pour mettre fin à leurs jours depuis que cette pratique est permise par les lois — en décembre 2015 au Québec et en juillet 2016 partout au pays.

Sans grande surprise, la plupart des Canadiens qui ont eu recours à l’aide médicale à mourir étaient âgés de 56 à 90 ans — la moyenne étant de 73 ans; autant d’hommes que de femmes se sont tournés vers cette pratique.

Comme le révélaient les rapports précédents, c’est le cancer (65 pour cent) qui était le plus fréquemment responsable du désir des patients de mettre un terme à leurs souffrances.

Seules l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, le Québec et les provinces de l’Atlantique (sauf le Nouveau-Brunswick) colligent des informations sur toutes les demandes d’aide médicale à mourir, et sur la façon dont ces demandes sont accueillies par les autorités. Sur la base de ces données incomplètes, Santé Canada indique que des 1066 demandes d’aide médicale à mourir déclarées par ces provinces, environ huit pour cent ont été refusées.

La raison la plus fréquemment citée était la perte de capacité du malade, ou le fait que le décès ne soit pas «raisonnablement prévisible», comme l’exige la loi fédérale. De ces 1066 demandes déclarées, environ cinq pour cent ont été retirées par le patient lui-même; et dans 14 pour cent des demandes, le patient est décédé avant la fin du processus d’évaluation.

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