THE CANADIAN PRESS

Québec lance un projet-pilote sur le transport ambulancier aérien afin «d’évaluer la possibilité d’instaurer un service de transport aéromédical héliporté» dans le réseau public.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, en a fait l’annonce vendredi matin, à l’aéroport de Saint-Hubert, au sud de Montréal.

Ce projet, qui durera 18 mois, se fera en partenariat avec l’entreprise Airmedic.

Le ministre Barrette estime les coûts à 3 millions $.

Dans le cadre du projet, l’Hôpital du Sacré-Cœur, dans le nord de Montréal, recevra les patients de trois régions du Québec: Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, Lanaudière et Laurentides.

Le Centre hospitalier universitaire de Québec-Université Laval — apportera aussi sa contribution. Entre autres, l’établissement gérera les demandes et fournira du personnel.

«Avant de procéder au déploiement d’un tel service, nous désirons nous assurer de sa pertinence et de son efficience dans le contexte québécois, par une évaluation des coûts générés par chaque transport, en regard des résultats et de son efficacité sur le plan clinique», a déclaré le ministre Barrette dans un communiqué.

À l’heure actuelle, le ministère dispose d’une flotte d’avions ambulances, un service couvert pour les patients, mais élargir l’offre de services permettrait une plus grande complémentarité entre les différentes offres de transport d’urgence, selon Carl Guérard, vice-président aux opérations chez Airmedic.

«Entre zéro et 75 kilomètres, c’est vraiment un travail qui est fait pour les ambulances conventionnelles. Nous, l’annonce qu’on a fait aujourd’hui, c’est de dire: entre 75 et 275 kilomètres, c’est un travail qui est pertinent pour faire ça en hélicoptère», a-t-il expliqué en entrevue téléphonique.

«Au-delà de 275 kilomètres, c’est là que c’est pertinent, que des avions du gouvernement deviennent pertinents pour faire les évacuations et les transports interétablissements.»

Par ailleurs, la Corporation des paramédics du Québec, qui dit accueillir favorablement le projet, a déploré que «les compétences et les soins professionnels des paramédics n’aient pas été retenus».

«Nous sommes étonnés que notre expertise dans les évacuations de bénéficiaires et nos compétences dans les soins préhospitaliers aient été mises de côté pour ce projet pilote. Il aurait justement été intéressant de connaître les bénéfices et les coûts réels de ce service», a déclaré le président de la Corporation, Patrick Dufresne, par voie de communiqué.

Il a fait valoir que dans les autres provinces canadiennes, «les paramédics à bord de ces hélicoptères-ambulances ont suivi une formation de soins critiques afin d’offrir plus d’actes médicaux».

En avril dernier, le médecin et chirurgien-chef du Canadien de Montréal David Mulder avait déploré que le Québec soit la seule province au Canada à ne pas avoir de programme d’hélicoptères ambulances pouvant rapidement transporter des victimes gravement blessées vers des centres de traumatologie.

Dans une lettre ouverte adressée au ministre Barrette, David Mulder avait dénoncé des délais inacceptables dans le transport de patients à partir de régions rurales. Des délais qui dépassent largement «l’heure cruciale», selon lui.

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