JOHN WOODS JOHN WOODS / La Presse Canadienne

WINNIPEG — Près de la moitié de tous les jeunes d’âge mineur qui se retrouvent en détention au Canada sont des Autochtones, selon des données de Statistique Canada.

Les chiffres indiquent que, pour l’année 2016-2017, les jeunes Autochtones représentaient 46 pour cent de toutes les inscriptions de mineurs dans les services correctionnels dans tout le pays.

Une donnée jugée inacceptable par le militant manitobain Michael Redhead Champagne qui y voit une preuve de racisme systémique alors que les Autochtones ne représentent que huit pour cent de la population canadienne d’âge mineur.

Les chiffres montrent aussi une croissance de la proportion de jeunes Autochtones incarcérés, alors que la tendance générale de la détention des jeunes est à la baisse.

D’après les données de dix provinces et territoires, le poids des jeunes autochtones parmi les mineurs en détention était de 21 pour cent en 2006-2007.

Dix ans plus tard, ce taux est passé à 47 pour cent pour les garçons et à 60 pour cent pour les filles.

Michael Redhead Champagne, qui a fondé l’organisme Aboriginal Youth Opportunities à Winnipeg, ne s’étonne pas d’entendre ces chiffres.

«En tant que membre de la communauté autochtone, avec des gens des Premières Nations, des Métis et des Inuits autour de moi, je vois la surreprésentation des Autochtones dans le système judiciaire», dit-il.

L’intervenant affirme être témoin de la différence de traitement entre les Blancs et les Autochtones. «Je vois des Autochtones et des non-Autochtones commettre littéralement le même crime et ne pas être soumis aux mêmes peines d’emprisonnement, conditions, etc.», raconte M. Champagne.

C’est en Saskatchewan (92 pour cent des garçons et 98 pour cent des filles) et au Manitoba (81 pour cent des garçons et 82 pour cent des filles) que les proportions d’Autochtones d’âge mineur incarcérés sont les plus élevées.

Ailleurs au Canada, les proportions d’Autochtones d’âge mineur incarcérés sont de 11 pour cent pour les garçons et 15 pour cent pour les filles au Nouveau-Brunswick, puis de 10 pour cent pour les garçons et 15 pour cent pour les filles en Ontario.

Aucune donnée n’est disponible pour dresser le portrait de la situation au Québec.

Ces chiffres concernant les jeunes se perpétuent à l’âge adulte, alors que 28 pour cent des hommes et 43 pour cent des femmes incarcérés au Canada sont d’origine autochtone. Pourtant, les Autochtones ne représentent que cinq pour cent de la population canadienne d’âge adulte.

Pour Michael Redhead Champagne, l’une des pistes de solution est de briser le cycle d’institutionnalisation des jeunes Autochtones.

Dès leur enfance, ils sont assignés à un travailleur social, doivent respecter un couvre-feu et des règles sévères, explique l’intervenant. En grandissant, ces mêmes jeunes finissent par entrer dans le système judiciaire.

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