Josie Desmarais/Métro Ève Côté et Marie-Lyne Joncas

MONTRÉAL — Signe que la campagne électorale n’est plus très loin: le premier ministre Philippe Couillard donnera, mardi, une entrevue d’une heure dans le cadre… du Zoofest.

L’événement, qui se tiendra au Monument-National à Montréal, sera animé par l’humoriste Marie-Lyne Joncas.

Celle qui rêve d’être un jour aux commandes d’un talk-show fera donc ses armes avec le chef du gouvernement québécois.

En entrevue à La Presse canadienne, Marie-Lyne Joncas dit vouloir faire découvrir l’homme derrière le politicien.

Selon Charles Robert, directeur des relations avec les médias du premier ministre Couillard, il s’agit d’un événement inédit.

Certains politiciens ont déjà fait des apparitions aux côtés d’humoristes, notamment l’ex-première ministre Pauline Marois qui avait donné la réplique à Sugar Sammy dans le cadre du Gala Les Olivier en 2010.

«Mais de mémoire d’homme, c’est du jamais-vu un politicien qui participe à un événement d’une heure comme celui-là», fait valoir M. Robert.

Pendant 60 minutes, le chef libéral répondra donc, devant un public, aux questions de l’humoriste. «On va rester dans la légèreté, dans l’humour», explique Marie-Lyne Joncas.

Pas question donc de débattre des idées politiques de Philippe Couillard. La trentenaire tentera plutôt d’en savoir plus sur la vie personnelle du premier ministre. Qui sont ses amis? Comment vit-il la perte d’anonymat? Qu’est-ce que son passé de neurochirurgien lui apporte dans sa vie politique? A-t-il toujours une carte bancaire? Est-ce qu’il conduit encore?

«On est vraiment là pour s’amuser, pour rencontrer l’homme, fait valoir Maie-Lyne Joncas. On n’a pas le goût de le tasser dans un coin.»

L’entourage du premier ministre a-t-il donc accepté de laisser au Zoofest — un festival dédié à la découverte de talents émergents en humour, en musique, en théâtre et en divertissement — le champ entièrement libre pour cette entrevue?

«Il n’a aucune idée des questions que je vais lui poser», spécifie Marie-Lyne Joncas.

«Vraiment ils nous ont laissé carte blanche… quasi-carte blanche mettons», convient l’animatrice.

Celle qui a connu un succès populaire avec ses capsules web «Le Courrier du cul» et «Les Grandes crues» a dû promettre de remiser son côté grivois…

«Les thèmes qu’on ne peut pas aborder, ce sont les thèmes que logiquement on n’aborderait pas avec le premier ministre, explique-t-elle. Je pense que ça n’intéresse personne de toute façon.»

L’humoriste veut plutôt mettre l’accent sur la rencontre entre deux personnes aux profils diamétralement opposés.

«Ça ne s’est jamais fait, une humoriste qui est reconnue pour son côté sans filtre qui fait une entrevue avec un homme qui se doit d’être tellement calculé, qui ne peut pas se permettre d’être spontané», souligne-t-elle.

«J’ai hâte de voir s’il arrivera vraiment à se détendre et à ne pas embarquer dans des réponses toutes faites.»

Un pince-sans-rire

L’occasion sera donc toute désignée pour découvrir le premier ministre sous un nouvel angle.

Selon Charles Robert, le Philippe Couillard qui est dépeint dans les médias ne correspond pas toujours à l’homme qu’il côtoie au quotidien.

«M. Couillard est extrêmement pince-sans-rire, souligne-t-il. Il est amateur d’humour anglais, des Monty Python. Il a un petit côté humoristique « british » et caustique qui est très présent.»

Charles Robert se défend toutefois d’avoir accepté une entrevue «bonbon» pour le premier ministre, à l’approche de la campagne électorale.

«C’est juste une entrevue différente… les entrevues n’ont pas toujours à être des « hot seats » pour ne pas qu’elles soient complaisantes», fait-il valoir, ajoutant que le chef libéral aura bien d’autres occasions de se faire questionner par des journalistes sur ses propositions politiques d’ici le vote du 1er octobre.

Dans ce contexte préélectoral, la formule du Zoofest pourrait-elle être répétée avec les autres chefs de partis?

«Peut-être», laisse planer Marie-Lyne Joncas.

Les profits de l’événement «Joncas reçoit le premier ministre» seront versés à l’organisme Le Grand Chemin, qui vient en aide aux adolescents aux prises avec des problèmes de toxicomanie, de jeu excessif ou de cyberdépendance.

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