Sean Kilpatrick Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

OTTAWA — L’ex-directeur parlementaire du budget a un message ferme à adresser aux premiers ministres provinciaux à propos d’un éventuel régime national d’assurance-médicaments: si les Canadiens en veulent un, il faudra augmenter leurs taxes.

Kevin Page, qui dirige maintenant un groupe de réflexion à l’Université d’Ottawa, présentera vendredi son analyse d’un possible programme public pancanadien pour les médicaments d’ordonnance.

Ottawa a mis sur pied un comité de consultation, mené par l’ex-ministre ontarien de la Santé Eric Hoskins, pour évaluer les options qui s’offrent aux Canadiens en ce sens. Le comité devra présenter son rapport l’an prochain, alors que l’assurance-médicament constituera sans doute un enjeu électoral majeur à travers le pays.

Mais une question brûlante demeure: qui paiera pour ce régime public?

L’automne dernier, une analyse du directeur parlementaire du budget estimait le coût annuel d’un tel régime à environ 20 milliards $, soit l’équivalent d’un pour cent du PIB canadien et du double du déficit budgétaire prévu pour les années à venir.

M. Page souligne néanmoins que ce programme épargnerait aux Canadiens bien des dépenses en médicaments, en plus d’assurer une plus grande uniformité des coûts en matière de santé à travers le pays. Selon l’étude du DPB, les Canadiens sauveraient plus de 4 milliards $ par année en prescriptions.

Mais les finances fédérales se trouvent déjà dans une position difficile et si Ottawa assumait l’entièreté de la facture, sa situation fiscale deviendrait insoutenable. Les provinces sont collectivement encore plus mal en point, avait-on relevé.

La présentation de M. Page, fondée sur une étude de son Institut des finances publiques et de la démocratie, recommande des coupes budgétaires accompagnées d’une hausse des taxes.

Il estime que cette dernière mesure sera incontournable. Il suffirait de relever la TPS de deux points de pourcentage pour la rétablir à 7 pour cent et le tour serait joué, illustre-t-il.

«Je pense que l’argument en faveur d’un régime national public d’assurance-médicaments est assez solide, même d’un point de vue fiscal», fait valoir M. Page.

Des détracteurs du système actuel brossent le portrait d’un ensemble de programmes disparates et inefficaces qui empêchent 3,5 millions de Canadiens de pouvoir se permettre les médicaments dont ils ont pourtant besoin.

M. Page prendra la parole devant le Conseil de la fédération à Saint-Andrews, au Nouveau-Brunswick, vendredi.

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