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L’Union des municipalités du Québec (UMQ) profite de la période électorale pour attirer l’attention du gouvernement québécois sur le myriophylle à épi, une plante envahissante notamment présente dans le fleuve Saint-Laurent. Elle souhaite que son association avec plus de 20 organisations puisse stopper l’avancée fulgurante de la plante aquatique.

Quelques heures après sa création officielle, lundi, cette coalition, qui n’a pas encore de nom, a réitéré sa demande au gouvernement de créer un programme national de lutte contre le myriophylle.

Pour contenir la plante, les organismes demandent à Québec une portion de l’enveloppe de 8M$ consacrée au combat contre les espèces envahissantes qui a été prévue dans le dernier budget gouvernemental.

«Comme c’est une plante qui est extrêmement agressive et qui se répand à une vitesse phénoménale, il faut absolument que le gouvernement [investisse], a lancé le porte-parole de l’Alliance pour un programme national de gestion du myriophylle, Jean-Claude Thibault. Il faut que [Québec] budgète, maintenant — pas dans trois ans — une partie importante de ce 8M$.»

«Le but c’est d’empêcher le myriophylle d’aller ailleurs», a-t-il ajouté.

«Plante zombie»
Le myriophylle à épi s’est d’abord implanté dans le fleuve Saint-Laurent dans les années 1970. À ce jour, près de 200 lacs québécois sont gangrenés par cette plante exotique, selon des chiffres de l’Alliance. L’UMQ déplore qu’en plus de ruiner les activités aquatiques, le myriophylle puisse abaisser la valeur d’une propriété d’environ 20%.

«Il y a une municipalité des Laurentides qui est aux prises avec [le problème], a exemplifié le vice-président du caucus des municipalités locales de l’UMQ, Joé Deslauriers. Si des citoyens veulent vendre leur propriété sur le bord de l’eau, on a une évaluation municipale x et un prix de vente y, mais les offres d’achat ne seront pas à la hauteur

Le myriophylle à épi, aussi surnommé «plante zombie» se caractérise par des tiges tentaculaires qui se propagent en «canopées denses», selon l’expert en limnologie et professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Andrea Bertolo.

La plante aquatique a tendance à prendre «beaucoup de volume» et à envahir les lacs eutrophes, des lacs peu profonds et riches en éléments nutritifs. Elle peut toutefois s’adapter et rejoindre un «large éventail» de cours d’eau, a expliqué la directrice du Conseil québécois des espèces exotiques envahissantes (CQEEE), Hélène Godmaire.

C’est principalement en s’accrochant aux hélices des bateaux que les pousses de myriophylle passent de lac en lac, a expliqué M. Bertolo. L’Alliance estime de son côté à 95% le nombre de cas liés à l’intervention humaine.

«Ce que le gouvernement doit faire à prime abord, c’est d’informer les gens, a dit M. Thibault. Nous, on dit: “lavez votre bateau”. On ne va pas faire disparaître les usagers des embarcations sur les lacs. Il faut trouver la façon de les informer de façon massive.»

Quatre volets
La rencontre entre les organismes a permis de cibler quatre vecteurs spécifiques pour empêcher le myriophylle de prendre le dessus: la prévention, la recherche fondamentale, la recherche sur le terrain et l’appui aux municipalités.

L’UMQ et ses alliés attendent désormais des réponses du gouvernement. «Le 11 avril, on a rencontré la ministre [de l’Environnement], Isabelle Melançon, qui était très enthousiaste à l’idée de ce programme national, a affirmé M. Thibault. Depuis, les élections ont presque démarré, et pour être honnête on n’a plus de réaction claire.»

Au moment de publier, le ministère n’avait pas répondu aux questions de Métro sur le sujet.

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