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Québec déploie les sommes promises dans le budget pour lutter contre les plantes exotiques envahissantes, et ce deux jours après une sortie du monde municipal et des milieux riverains au sujet de l’une d’entre elles, le myriophylle à épi.

La ministre de l’Environnement, Isabelle Melançon, a annoncé mercredi à Sherbrooke que la Fondation de la faune du Québec recevra la part du lion des 8M$ sur cinq ans prévus dans le dernier budget Leitao pour lutter contre les plantes exotiques envahissantes.

La Fondation se voit ainsi confier la mission de créer et de gérer le Programme pour la lutte contre les plantes exotiques envahissantes et disposera de 1,25M$ par année pour les cinq prochaines années, pour un total de 6,25M$, soit tout près de 85% de l’enveloppe totale.

Le ministère de l’Environnement complètera le financement avec une enveloppe de 1,75M$ qui servira à la recherche et à la sensibilisation.

Lundi, l’Union des municipalités et l’Alliance pour un programme national de gestion du myriophylle pressaient le gouvernement du Québec à agir pour freiner la progression de cette plante, qui a été recensée dans près de 200 lacs et rivières (en Estrie, en Montérégie, dans les Laurentides et Lanaudière, en Mauricie, dans Chaudière-Appalaches, en Outaouais, en Abitibi-Témiscamingue, dans le Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord).

Le Programme vise toutefois beaucoup plus que le myriophylle, qui est loin d’être la seule menace à la biodiversité des milieux naturels québécois. La renouée du Japon, le roseau commun, la châtaigne d’eau ou encore la berce du Caucase sont parmi les espèces qui représentent une importante source de préoccupation.

La Fondation de la faune entend soutenir financièrement les organismes qui luttent contre ces envahisseurs, ainsi que les transferts de connaissances visant à prévenir ou à limiter leur introduction et leur propagation.

Le défi est de taille: le Québec compte 887 espèces floristiques qui ont été introduites et sont maintenant naturalisées, soit une étonnante proportion de 30% de notre flore. De ce nombre, 87 sont considérées comme nuisibles pour l’environnement, l’économie ou la société.

La ministre Melançon s’est dite confiante de voir les 8M$ annoncés aujourd’hui agir comme un levier pour ajouter d’autres sommes. Déjà, plusieurs municipalités et associations de riverains tentent d’intervenir pour contrer l’implantation et la prolifération de ces espèces.

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