Andrew Vaughan Andrew Vaughan / La Presse Canadienne

HALIFAX — Un Somalien arrivé enfant au Canada comme réfugié puis tombé plus tard dans la criminalité a été soulagé d’apprendre que le ministre fédéral de la Sécurité publique renonçait finalement à le soumettre à une audience de déportation.

Une juge de la Cour fédérale avait statué vendredi que le représentant du ministre Ralph Goodale n’avait pas tenu suffisamment compte de la Charte canadienne des droits et libertés en décidant de soumettre le cas d’Abdoul Abdi à une audience de déportation. La juge Ann Marie McDonald avait ordonné que l’affaire soit réévaluée par un nouveau représentant du ministre. M. Goodale a toutefois indiqué mardi sur Twitter que le gouvernement respecterait la décision du tribunal et qu’il «ne chercherait pas à renvoyer» M. Abdi.

Son avocat a déclaré mercredi que M. Abdi avait failli s’évanouir quand il a lu le gazouillis du ministre Goodale, mardi soir, et qu’il n’en croyait pas ses yeux. Me Perryman estime par ailleurs que le gouvernement fédéral a mis bien du temps avant de reconnaître l’injustice de cette affaire. «Mais mieux vaut tard que jamais», a-t-il admis en entrevue mercredi.

L’avocat trouve aussi «peu orthodoxe» d’avoir appris la nouvelle sur Twitter — il n’avait d’ailleurs pas encore reçu de confirmation officielle du cabinet du ministre de la Sécurité publique mercredi. Mais selon lui, ce gazouillis signifie que le gouvernement fédéral abandonne complètement les procédures d’expulsion, ce qu’il qualifie de «résultat fantastique pour M. Abdi, et une décision juste».

«Les avocats aiment bien voir les choses signées sur la ligne pointillée au bas d’un document, et un tweet provenant des hautes sphères du gouvernement, c’est génial, mais nous voulons obtenir confirmation des détails précis de ce que cela signifie pour M. Abdi», a-t-il souligné.

Abdoul Abdi, né en Arabie saoudite en 1993, avait perdu sa mère dans un camp de réfugiés alors qu’il avait quatre ans. Arrivé au Canada avec sa soeur et ses tantes deux ans plus tard, il avait été pris en charge par le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, mais il n’a jamais obtenu la citoyenneté canadienne pendant qu’il était en familles d’accueil.

Ballotté 31 fois d’un foyer d’accueil à l’autre, le garçon a perdu sa langue maternelle et développé des problèmes de comportement qui, selon ses défenseurs, n’ont pas été traités adéquatement. Ces problèmes ont entraîné des ennuis avec la justice et comme il n’était pas citoyen canadien, il était menacé d’expulsion une fois sa peine purgée. L’Agence des services frontaliers du Canada a effectivement arrêté le jeune homme alors qu’il venait de purger environ cinq ans de prison pour plusieurs infractions criminelles, y compris des voies de fait graves.

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