Archives Métro La rue Saint-Paul, dans le Vieux-Montréal

OTTAWA — Une «voie ensoleillée»? Difficile d’y croire pour la demeure historique de l’ancien premier ministre Sir Wilfrid Laurier.

La petite maison à Saint-Lin-Laurentides, dans la région de Lanaudière, a connu un déclin marqué de visites, avec 623 visiteurs en 2016, comparativement à 2600 en 2011.

La même tendance est observée pour les maisons jumelées autrefois propriété de Sir George-Étienne Cartier dans le Vieux-Montréal, où le nombre de visiteurs a glissé de 67 pour cent entre 2011 et 2013, notamment en raison d’un déclin de la présence de groupes scolaires.

L’histoire se répète pour d’autres sites historiques au coeur de consultations publiques lancées récemment qui doivent mener à un plan sur dix ans destiné à renverser la tendance.

Les documents de consultation énumèrent diverses raisons pouvant expliquer la baisse du nombre de visiteurs, incluant un éloignement par rapport aux secteurs touristiques, des installations n’ayant pas été revampées ou qui sont mal identifiées.

Les édifices à la mémoire de George-Étienne Cartier se trouvent dans un secteur «reclus» du Vieux-Montréal peu fréquenté par les touristes et luttent pour l’attention contre des sites plus imposants comme le Centre des sciences de Montréal. «Il est donc difficile d’attirer les visiteurs sur le site dans ce contexte», écrivent des responsables de Parcs Canada dans le document de consultation.

Par comparaison, la région de Niagara attire des millions de visiteurs chaque année, et les sites historiques à proximité sont «davantage intégrés dans l’infrastructure locale de tourisme».

Les visiteurs au lieu historique national de Coteau-du-Lac, en Montérégie, le long du fleuve Saint-Laurent, ne réalisent pas toujours où ils se trouvent, ou ont du mal à se diriger sur le site. La consultation sur le plan de gestion sur dix ans s’est conclue en mai, mais un objectif clé est de refaire le «circuit pour le visiteur».

L’agence suggère dans le même ordre d’idées des modifications au centre des visiteurs sur le site de la bataille de Châteauguay, au sud-ouest de Montréal.

L’édifice vieux de 40 ans a été conçu pour accueillir jusqu’à 18 000 visiteurs par année, mais est désormais ouvert seulement trois mois chaque année, nécessite des coûts de chauffage «exorbitants» et a besoin de réparations de 600 000 $. «Le centre ne semble plus être la meilleure solution pour la réussite du site historique national, l’excellence de la commémoration et l’expérience du visiteur», fait-on valoir.

Chaque consultation présente un certain nombre d’options au public sur les manières de s’assurer que les visites à ces sites ne deviennent pas un élément du passé.

Les sites historiques ont tenté d’augmenter l’intérêt grâce à des expositions interactives et à des collaborations avec des communautés représentées dans ces expositions, telles que des membres de Premières Nations ou des communautés culturelles, a souligné Benjamin Forest, un professeur adjoint en géographie à l’Université McGill.

L’idée est de créer un lien personnel envers un site ou un monument, a-t-il fait valoir.

«La visite de monuments ne consiste pas avant tout dans l’apprentissage de faits historiques. Il s’agit plutôt de créer, ou de tenter de créer, un rapport émotif», a affirmé M. Forest.

Parcs Canada prévoit dépenser 23,9 millions $ pour mieux intégrer les vues, l’histoire et les traditions autochtones dans les parcs nationaux, les zones de conservation marines et les sites historiques.

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