Andrew Vaughan/La Presse canadienne

HALIFAX — Deux anciennes copines d’un homme reconnu coupable du meurtre d’une professeure de yoga montréalaise ont témoigné vendredi à son audience sur l’admissibilité à une libération conditionnelle, et l’ont décrit comme un individu contrôlant enclin à des sautes d’humeur importantes.

En avril, Nicholas Butcher a été reconnu coupable du meurtre non prémédité de Kristin Johnson, âgée de 32 ans. Il a ainsi obtenu automatiquement une peine de prison à vie, mais une audience a eu lieu pour déterminer à quel moment il pourra faire une demande de libération conditionnelle.

La procureure de la Couronne, Carla Ball, plaide pour que Nicholas Butcher n’ait pas le droit de faire cette demande avant 17 ans, soulignant qu’il a fait preuve d’une «préméditation» de confrontation et que la victime était sa partenaire conjugale — un facteur aggravant selon le Code criminel.

Mais l’avocat de la défense, Peter Planetta, réclame que son client soit admissible à la libération conditionnelle après 10 ans, énumérant des facteurs atténuants, dont son dossier criminel vierge et son potentiel de réadaptation.

Le juge de la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse, Joshua Arnold, rendra sa décision le 22 août. Nicholas Butcher pourrait devoir attendre de 10 à 25 ans avant d’être admissible à la libération conditionnelle.

La Couronne a appelé deux témoins à la barre, vendredi, «pour souligner le caractère du contrevenant».

Kathleen Byford-Richardson, son ancienne amoureuse, a raconté que sa relation d’abord «très romantique» avec Nicholas Butcher était devenue parsemée de conflits. Il était anxieux dans les événements sociaux et voulait contrôler son comportement, a-t-elle relaté.

Mme Byford-Richardson dit avoir appelé la police de Halifax après avoir appris la mort de Kristin Johnson, car elle craignait que la victime ait vécu la même chose qu’elle.

«Je me sentais mal de ne pas avoir fait état de ce que j’avais expérimenté à l’époque», a-t-elle indiqué.

Elle a commencé à fréquenter Nicholas Butcher en 2007. Leur relation a duré environ deux ans et demi, avant qu’elle n’y mette fin. Elle soutient que pendant une chicane, il avait tenté de la pousser et lui avait craché dessus dans leur appartement de Montréal.

Le deuxième témoin, Olivia Hasler, a été en relation avec Nicholas Butcher de 2013 à 2015. Elle a affirmé qu’il était parfois déprimé et qu’il avait tendance à s’énerver rapidement lors de petites escarmouches.

Mme Hasler a raconté qu’elle avait déjà dû quitter un mariage parce qu’elle ne s’était pas assez souciée de lui.

Déclarations poignantes
Les avocats ont fait leurs demandes après la lecture à haute voix des déclarations de victimes, qui ont décrit les impacts dévastateurs de la mort de la victime.

Avec une vidéo poignante, la soeur de la victime a ému aux larmes plusieurs personnes présentes dans la salle de cour. Kim Johnston a notamment parlé de la relation spéciale qu’avait sa soeur avec sa fille.

«La douleur de cette perte est déchirante, sachant que Kristin ne peut plus la tenir dans ses bras, se coucher avec elle pour les siestes, lui chanter des chansons et l’aimer», a-t-elle témoigné, ajoutant que sa fille «s’était fait voler la meilleure tante».

Kim Johnson était enceinte de huit mois lorsque Kristin a été tuée, et elle s’inquiète de l’impact du drame sur son fils.

«Je pense à comment l’ADN de mon fils a été affecté, alors que je criais d’horreur chaque nuit jusqu’à sa naissance et que je m’endormais en pleurant», a-t-elle soutenu.

À la fin de la journée, Nicholas Butcher s’est levé pour s’excuser aux membres de la famille de la victime pour leur «perte insoutenable, inestimable et irréparable».

Nicholas Butcher a été accusé après avoir été retrouvé près du corps ensanglanté de la victime dans sa maison de Halifax, le 26 mars 2016.

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